17,1 milliards de CA en 2015 pour Bertelsmann, qui lorgne sur Penguin Random House

Antoine Oury - 29.03.2016

Edition - Economie - Bertelsmann groupe - Bertelsmann CA 2015 - Bertelsmann Pearson PRH


Personne n'avait vraiment de doutes quant à la bonne année 2015 que venait de passer le groupe médiatique allemand Bertelsmann, et les résultats sont à la hauteur des attentes. Le géant de l'édition et des médias fait ainsi état d'un chiffre d'affaires de 17,1 milliards €, qui aboutit à un bénéfice de 1,1 milliard €. La croissance est au rendez-vous, et l'expansion passerait notamment par le rachat d'une partie des parts de Pearson dans Penguin Random House.

 

Verlagsgruppe Random House Bertelsmann - Frankfurt Buchmesse 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les résultats, présentés lors d'une conférence de presse le 22 mars dernier, sont encore meilleurs qu'espérés, malgré la barre placée très haut lors des résultats pour la mi-2015. Avec 17,1 milliards pour l'année (+ 2,8 %), le chiffre d'affaires du groupe atteint un niveau jamais vu depuis 2007 : les revenus avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations atteignent 2,49 milliards €, contre 2,37 milliards € l'année précédente.

 

Le groupe est désormais scindé en 8 entités, contre 5 auparavant, et cette restructuration aura été la formule secrète pour obtenir de tels résultats : RTL Group, Penguin Random House, Gruner + Jahr, BMG, Arvato, Bertelsmann Printing Group (créée en 2015), Bertelsmann Education Group et Bertelsmann Investments, consacrée aux investissements dans différentes start-ups, sur des marchés émergents.

 

La hausse provient principalement des groupes RTL et Gruner + Jahr, qui ont amélioré leurs services numériques, mais aussi de nouveaux services financiers et éducatifs. Les bénéfices sont loin d'être décevants : ils ont pratiquement doublé en un an, passant de 572 millions € à 1,1 milliard € en 2015.

 

Penguin Random House, une poule aux oeufs d'or

 

Parmi les vecteurs de croissance, on retrouve une nouvelle fois le groupe Penguin Random House, que Bertelsmann possède à 53 %, contre 47 % pour l'éditeur Pearson. Les best-sellers ont été au rendez-vous, et ont amplement participé à la hausse des bénéfices du groupe : citons, entre autres, La Fille du Train, de Paula Hawkins, Grey, d'EL James ou Rogue Lawyer de John Grisham (L'insoumis en français, publié le 30 mars chez JC Lattès).

 

Si RTL Group représente toujours la locomotive de Bertelsmann, suivi par Arvato, Penguin Random House a rapporté 3,7 milliards € au CA de Bertelsmann en 2015. On ne s'étonnera donc pas que Thomas Rabe, PDG de Bertelsmann, ait assuré que des investisseurs l'avaient approché pour racheter la part que détient Pearson dans PRH.

 

Le PDG a déclaré à Reuters qu'il se « sentirait bien » avec 70 à 75 % de Penguin Random House en poche.

 

Bertelsmann est à l'affût, d'autant plus que Pearson, en face, est bien mal en point. Malgré des bénéfices de 720 millions € en 2015, le groupe britannique a ainsi annoncé 4000 suppressions de poste, et se retrouve désormais attaqué par certains de ses actionnaires.

 

Pearson fera probablement monter les enchères, et le PDG John Fallon avait d'ores et déjà informé son collègue : il ne lâchera rien avant 2017.