17 % de la population française n'a pas accès à une bibliothèque de proximité

Antoine Oury - 23.03.2016

Edition - Bibliothèques - France bibliothèque - bibliothèque proximité - bibliothèque IGB ABF


L'envoi d'un communiqué par l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) un samedi, en plein Salon du Livre, dénote une certaine urgence. Et, à sa lecture, difficile de démentir : l'ABF attire l'attention sur un rapport de l'Inspection Générale des Bibliothèques adressé au ministère de la Culture et de la Communication, et consacré aux « lacunes et inégalités territoriales » en matière d'établissements de prêt. Et le chemin est encore long.

 

Bibliothèque municipale de Lyon (Part Dieu)

Bibliothèque municipale de Lyon (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Ce rapport, rédigé par Jean-Luc Gautier-Gentès, Inspecteur général des bibliothèques, avec l'aide de Joëlle Claud, Inspectrice générale des bibliothèques elle aussi, se concentre particulièrement sur les inégalités entre régions. D'après les auteurs, ce sont ainsi 11 millions de Français qui ne disposeraient pas d'un établissement de prêt de proximité, c'est-à-dire à 15 minutes de chez eux, soit 17 % de la population totale.

 

Cette moyenne cache évidemment des situations assez critiques sur certains territoires en particulier : plusieurs dizaines de villes de plus de 10.000 habitants proposent ainsi une offre largement insuffisante en la matière, si bien que « seulement 30 % des habitants bénéficient d’une bibliothèque respectant tous les critères permettant de rendre le meilleur service aux habitants du territoire desservi », signale l'ABF dans son communiqué de presse.

 

Par ailleurs, l’examen ne s’arrête pas là : lorsque les habitants disposent d’un établissement de proximité, il n’est pas rare que ce dernier se révèle insuffisant pour couvrir les besoins réels des habitants. Surface, budgets d’acquisition ou effectifs, les différents champs à contrôler sont nombreux.

 

Les dernières annonces du gouvernement en matière de bibliothèque portaient essentiellement sur les horaires d’ouvertures, aussi bien pour les bibliothèques publiques que pour les établissements universitaires. D’autres mesures avaient été avancées par Fleur Pellerin, alors ministre de la Culture, en novembre 2015 : maintien de la Dotation Générale de Décentralisation (DGD), aide de l’État versée aux collectivités, ou organisation d’une Nuit des Bibliothèques, pour promouvoir l’action culturelle des établissements.

 

À l’époque de la présentation de ces mesures pour la lecture publique, Fleur Pellerin soulignait d’ailleurs que les services du ministère étaient en train « d’identifier les territoires où [les bibliothèques] manquent aujourd’hui », afin d’améliorer la situation, pour permettre à chacun de trouver un établissement « à 20 minutes de chez lui ».

 

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