1966 : quand Boris Vian rencontre Toni Morrison

Victor De Sepausy - 19.10.2020

Edition - Les maisons - Boris Vian collection - Toni Morrison collection - Bourgois collection 1966


Trois titres pour ouvrir une nouvelle approche des classiques : Christian Bourgois éditeur propose de revisiter son catalogue, avec des livres augmentés d’éléments inédits. Pour ce faire, deux livres de Boris Vian et un de Toni Morrison, traduit par Jean Guiloineau, inaugurent la collection 1966.


 

45 années que la maison publie des livres qui deviennent des classiques. « Que l’on songe à la poésie incantatoire et beat d’Allen Ginsberg, aux romans épiques et politiques de Toni Morrison, au cut-up de William Burroughs, à la fantaisie espiègle de Richard Brautigan, aux jeux de piste que sont les œuvres d’Enrique Vila-Matas, ou encore à la langue hypnotique et faulknérienne de António Lobo Antunes (entre autres), tous ces ouvrages et ces auteurs ont acquis, avec le temps, une place indétrônable dans l’histoire littéraire et, mis côte à côte, composent une véritable “bibliothèque idéale” de ce qui s’est écrit de saillant au vingtième siècle », relève Clément Ribes, directeur éditorial de la maison.

La collection offre un projet simple, republier des titres « agréables et soignés et au prix raisonnable », au sein de 1966. Et proposer « tous ces textes qui nous ont transportés et qui nous ont, à un moment de notre vie, ouvert la voie vers d’autres continents littéraires ». 

Enrichis de préfaces, de dessins, d’appendices littéraires, et à l’avenir, de nouvelles traductions quand cela sera nécessaire, ces ouvrages plongent dans les racines de la maison. Christian Bourgois fut fondé en 1966. Un côté Janus bicéphale… 

Les deux premiers livres de Vian qui s’imposent sont J’irai cracher sur vos tombes, avec un supplément de 300 pages produit par Noël Arnaud. Il fournit des extraits de presse outragés de l’époque, relate le meurtre inspiré par le livre, le procès, la défense de Vian par d’autres écrivains, le succès de l’adaptation théâtrale, les déboires de l’adaptation cinématographique… Avec quelques fac-similés du scénario de Vian pour l’adaptation cinématographique.

Viennent ensuite les Cent sonnets de Vian avec cette fois des illustrations inédites et d’origine, de Peter Gna. Le manuscrit de Cent Sonnets est conservé à la BnF : il comporte des illustrations impertinentes de Peter Gna, beau-frère de Boris Vian, qui n’ont jamais été publiées.

Pour Toni Morrison, le titre Le chant de Salomon a été choisi avec une préface de Christiane Taubira qui l’accompagne. Extrait : « Toni Morrison est une reine. Une impératrice. Une déesse. Une femme. Une voix. Une plume. Ma lumière. Et la vôtre. Toni Morrison raconte et explique, sans jamais se tromper ni de lieu ni de ton ni de langue. Le Chant de Salomon raconte. Avec sensibilité, en rage, avec fourberie, fausse candeur, avec calcul et sensualité. Ces voix multiples, chaotiques, les trop naïves et celles qui rusent, celles qui s’épaississent avec le temps et se fortifient aux épreuves, celles qui ne surgissent que portées par d’autres, celles qui essaient sans grand succès de se débarrasser de leurs arrois, ces voix multiples racontent, éructent, murmurent, soupirent, travestissent parfois de bonne foi leurs déboires présents. »

En librairie le 5 novembre. 


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