1D Touch, un système pour donner accès aux jeux vidéo indés en bibliothèque

Antoine Oury - 15.03.2018

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Depuis des années, les bibliothécaires restent privés de prêts de jeux vidéo : ces œuvres, pourtant partie intégrante de la vie culturelle des usagers, ne peuvent pas être prêtées légalement. Or, des établissements qui permettent parfois même d’y jouer. La société 1D Touch propose une solution de prêt à distance, grâce à la plateforme Steam, sur une sélection de titres Mac, PC et Linux...


Joystick Retro
(Miguel Angel Garrido, CC BY-SA 2.0)

 

Lancée pour la première fois en 2017, la plateforme 1D touch jeu vidéo rassemble aujourd’hui 60 références tirées des studios de jeux vidéo indépendants. Certes, pas de Call of Duty, God of War et autres Assassin’s Creed, mais plusieurs genres de jeux sont représentés, de l’action au RPG en passant par les jeux de tir à la première personne ou la stratégie, la course et les jeux de réflexion.

 

Les gros éditeurs ne veulent pas prêter leurs jeux ? Pas de problème pour 1D (comme « indé ») Lab, qui s’est spécialisé dans la mise en avant des contenus créés par des artistes indépendants. Pour eux, « le jeu vidéo est le premier marché culturel mondial, et en France, il doit donc avoir sa place en bibliothèque », rappelle Maxime Gay, coordinateur des ventes pour 1D Lab. 

 

Avec l’agrégateur de jeux Plugin Digital, 1D Lab a mis sur pied un catalogue de jeux vidéo créés par des auteurs indépendants : « Nous avons travaillé avec eux pour négocier les droits auprès des éditeurs de jeux indépendants et ainsi permettre l’accès à ces jeux in situ, dans les bibliothèques, mais aussi au domicile des usagers », explique Maxime Gay. Le tout en sécurisant l’usage des jeux par les bibliothèques et en assurant la rémunération des créateurs.

 

« 60 % des revenus sur les abonnements souscrits sont reversés aux éditeurs de jeux vidéo, en fonction des téléchargements des jeux par les utilisateurs ou du temps de jeu dans les bibliothèques », précise Maxime Gay. La plateforme 1D touch jeu vidéo s’appuie sur la plateforme de distribution de contenu en ligne Steam, bien connue des joueurs PC.

 

Dans les bibliothèques, un accès Steam accordé par 1D Lab permet d’accéder à un compte proposant tous les jeux du catalogue, préchargés, pour que les bibliothécaires puissent les installer sur les postes - une fois l’installation effectuée, le jeu est accessible hors-ligne. Les utilisateurs, de leur côté, pourront télécharger 4 à 12 jeux du catalogue 1D touch grâce à leur propre accès Steam. Et, une fois les jeux téléchargés, les usagers peuvent les conserver et y jouer quand bon leur semble...

 

Recréer un environnement de découverte en bibliothèque

 

« En proposant un accès in situ et des accès à domicile, nous voulions créer ce moment de découverte collective du jeu, pour le retrouver ensuite chez soi, pour le poursuivre ou le terminer », explique Maxime Gay. Raison pour laquelle 1D Lab a également reconstitué des bornes d’arcade à installer dans les établissements, dotée d’un PC dans leurs entrailles pour proposer des jeux récents. Lors d’événements, de tournois ou bien au quotidien, ces bornes permettent de matérialiser l’offre, le plus souvent pour la faire connaître.

 

Le catalogue de 60 jeux propose des expériences variées, qui mettent en avant les graphismes du jeu, son gameplay ou encore l’ambiance, et peuvent être tantôt divertissants ou pédagogiques, parfois les deux : tous les jeux proposés dans le catalogue 1D Touch sont payants sur Steam. Et l’absence des gros éditeurs n’est pas forcément un mal : « Nous voulons faire découvrir la richesse du jeu indépendant, les usagers n’ont pas besoin de la bibliothèque pour connaître FIFA ou Call of Duty », souligne Maxime Gay. Qui plus est, le catalogue se révèle aussi accessible à des joueurs occasionnels, ou même ceux qui ne jouent jamais.


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Le catalogue 1D Touch reste uniquement accessible aux utilisateurs PC, Mac et Linux, cependant : « La distribution des jeux est beaucoup plus compliquée sur consoles et smartphone, et les jeux indépendants se retrouvent de toute façon plus sur PC. Cela va changer, je pense, mais pour l’instant, la distribution par d’autres supports de jeu est trop complexe et trop chère. » Le catalogue des jeux est mis à jour une fois par an, minimum, avec un renouvellement d’une partie des titres, « le temps de les chercher et de les tester ».

 

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Après un lancement en 2017 avec une trentaine de jeux, 2018 double donc la mise. Côté tarif, l’accès in situ coûte 390 € par an pour un accès Steam, tandis que l’accès à domicile pour les usagers revient à 400 € pour 100 utilisateurs, qui pourront donc télécharger chacun 12 jeux, au maximum. Pour les bornes d’arcade, il faut compter 3290 € — la location est également possible —, « et nous réfléchissons au développement de petites consoles avec les jeux préchargés. Nous vendons déjà des PC tout simples préchargés, avec les manettes en option », précise Maxime Gay.

Le jeu vidéo en bibliothèques a donc pas mal de continue devant lui...


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