#1femmesur2 : un plan d'urgence demandé à Emmanuel Macron

Béatrice Courau - 06.11.2017

Edition - Société - harcèlement sexuel - macron harcèlement - plan agression sexuelle


À l’initiative de Caroline de Haas et de militantes féministes, suite à la lame de fond médiatique autour de la violence sexuelle née avec l’affaire Weinstein, une pétition est lancée à l’adresse du Président de la République. Elle réclame qu’une législation soit enfin mise en place et appliquée, ainsi que des formations professionnelles et des solutions éducatives et de prévention.

 


 

Les statistiques sont sans appel, autant qu’effarantes : en France, 1 femme sur 2 est victime de violences sexuelles, allant du harcèlement à l’agression.

 

Harcèlement sexuel dans l'édition : ouvrir les yeux sur cette violence
 

Ancienne conseillère à la ministre des Droits des Femmes, auteure de plusieurs titres engagés dont Mais qu'est-ce qu'elles veulent encore! : manifeste des Féministes en mouvement (Éditions Les liens qui libèrent), Caroline de Haas vient de lancer une pétition en ligne : #1femmesur2 : Décrétez un plan d’urgence contre les violences sexuelles, et a exposé sa démarche dans un entretien accordé au JDD.

 

Refusant de voir la violence sexuelle comme une fatalité, le collectif souhaite mobiliser l’ensemble de la société autour de cet objectif commun annoncé : zéro violence sexuelle.

 

Nous reproduisons en intégralité leur appel.

 

Monsieur le Président,

 

Nous savons votre agenda chargé. Vous n’avez pourtant pas pu passer à côté. Depuis des jours, plusieurs centaines de milliers de messages sont apparus sur les réseaux sociaux pour témoigner de l’ampleur des violences sexuelles que subissent les femmes en France.

 

1 femme sur 2 a déjà été victime de violences sexuelles. Certaines ne sont plus là pour signer cette tribune, mortes sous les coups. Certaines sont plus particulièrement concernées parce qu’elles sont en situation de handicap, lesbiennes ou subissent le racisme.

 

L’avez-vous en tête lorsque vous vous déplacez, rencontrez des citoyennes et citoyens, présidez une réunion ou un dîner officiel ? Une sur deux.

 

Monsieur le Président, les premières signataires de cette lettre ont été, comme tant d’autres, harcelées, agressées ou violées. Comme tant d’autres, elles ont souvent du faire face au déni de leurs entourages, à l’absence de prise au sérieux par les services de l’État, à la tentative de notre société de leur faire croire que ce n’était pas si grave ou qu’elles avaient bien dû faire quelque chose pour en arriver là.

 

Toutes et tous, nous sommes témoins du silence vertigineux de notre société. Un insupportable déni collectif.

 

Au fond, notre société maltraite les femmes.

 

Monsieur le Président, tout cela, vous le savez. Alors, pourquoi cette lettre ? Parce que vous avez le pouvoir de faire en sorte que ces violences sexuelles cessent.

 

La puissance publique a déjà réussi par le passé à changer des mentalités et des comportements qui nous semblaient inamovibles tellement ils étaient ancrés dans nos habitudes. Qui aurait dit il y a 30 ans que nous réussirions à diviser par 4 le nombre de morts sur les routes  ? Qui aurait dit il y a 20 ans que le tri du papier semblerait aujourd’hui presque une évidence  ?

 

Monsieur le Président, dans la rue, au travail comme à la maison : l’intolérance aux violences doit devenir la norme.

 

Je vous demande en signant cette pétition de décrétez un plan d’urgence. Maintenant.

 

  1. Doublez immédiatement les subventions des associations qui accueillent les femmes au téléphone ou physiquement et doublez le nombre de places d’accueil pour les femmes victimes.
  2.  
  3. Organisez dès 2018, de manière systématique et obligatoire, une formation de tous les professionnel.le.s en contact avec des femmes victimes : enseignant.e.s, magistrat.e.s, policier.e.s, gendarmes, professionnel.le. s de santé, notamment de la santé au travail.
  4.  
  5. Créez au collège un brevet de la non-violence sur le modèle du brevet de la sécurité routière, obligatoire dès la rentrée prochaine.
  6.  
  7. Rendez obligatoire la formation des salarié.e.s et managers à la prévention du harcèlement sexuel au travail, instaurez une négociation obligatoire en entreprise sur ce sujet et protégez l’emploi des femmes victimes.
  8.  
  9. Lancez une campagne nationale de prévention équivalente à celles que nous avons connues sur la sécurité routière, campagne que vous pourriez venir présenter au JT d’une grande chaîne pour affirmer, en tant que chef de l’État, que les violences n’ont plus leur place dans notre pays.

 

Harcèlement sexuel dans l'édition :
“Ouvrir les yeux sur cette violence”

 

Cela ressemble à un plan d’attaque ? C’en est un.

Monsieur le Président, nous sommes face à une crise grave.
Êtes-vous de notre côté ?

 

Pour signer la pétition, rendez-vous sur la page Change.org