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2013, année du centenaire d'Aimé Césaire

Clément Solym - 31.12.2012

Edition - International - Centenaire - Aimé Césaire - Sénégal


À l'occasion de la célébration des cent ans de l'écrivain et homme politique martiniquais, et chantre de la décolonisation, l'année 2013 sera placée sous le signe d'Aimé Césaire. Tandis qu'à Paris le patronyme du poète a été choisi par la RATP pour une station de métro qui ouvrira en 2017, la capitale du Sénégal organisera quant à elle plusieurs manifestations en son honneur. Rendez-vous à Dakar, du 19 au 21 mars prochain. 

 

Crédits : ville de Fort-de-France

 

 

Sa vie

 

Né à Basse-Pointe au sein d'une famille modeste, Aimé Césaire obtint une bourse au cours de ses jeunes années et acheva ses études à Paris. Il passa par le Lycée Louis-le-Grand et l'École normale supérieure, avant de retourner en Martinique.

 

Fondateur en 1934 de L'Étudiant noir, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, revue au sein de laquelle il utilisa pour la première fois le terme de « négritude » qui allait qualifier son combat culturel et politique mené contre l'oppression coloniale française.

 

Il enseigna le français en Martinique, mais exerça également des mandats en qualité de maire et de député, prônant l'universalité et la richesse des racines de la culture africaine. Il décéda en 2008, alors âgé de 94 ans et demeure une figure majeure de la politique martiniquaise.

 

 

Son oeuvre

 

Mais bien qu'affairé en politique, Aimé Césaire ne délaissa pas son oeuvre littéraire pour autant. En 1939, il publia son ouvrage poétique : Cahier d'un retour au pays natal. Un long texte, composé de vers révoltés et métaphoriques, influencé par le surréalisme et qui constitue l'un des points de départ de la « négritude ».

 

L'année 1950 marque la parution de son Discours sur le colonialisme, au sein de la maison d'édition Réclame, en lien avec le parti communiste français. Une dénonciation de la barbarie inhérente à la politique colonialiste , de la haine, du racisme, mais également du capitalisme, et qui dresse un parallèle entre cette politique et celle des fascistes.

 

En 1963, Aimé Césaire publia La tragédie du roi Christophe, une pièce de théâtre notamment adaptée par Jean-Marie Serreau l'année suivante, à l'occasion du Festival de Salzbourg. Un récit qui se situe à l'issue de la révolution haïtienne et conte l'histoire tragique d'un homme politique qui veut redonner sa grandeur à sa patrie, mais finit par se perdre.

 

 

Le centenaire

 

Dans la soirée du 20 mars, au Théâtre national Danien Sorano de Dakar, sera notamment rejouée La tragédie du roi Christophe, en hommage au disparu.

 

Tandis que la commémoration du centenaire coïncide avec celle de la création en 1970 de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), dénommée aujourd'hui Organisation internationale de la francophonie (OIF), la capitale sénégalaise accueillera une importante délégation de représentants de la Martinique.

 

En France, la ville de Le Havre dédie la seconde édition de son festival « le goût des autres » à Aimé Césaire. L'évènement qui se déroulera sur le quai des Antilles, du 24 au 27 janvier, donnera à entendre des textes de divers auteurs récités par des comédiens, et autre séance de lecture musicale avec la participation du guitariste de Noir Désir, Serge Teyssot-Gay ainsi le chanteur du groupe La Canaille, Marc Nammour...