2013 chez Macmillan : résistance au DoJ, prêt aux bibliothèques

Clément Solym - 31.12.2012

Edition - Justice - Department of Justice - Macmillan - règlement ebooks


Isolé aux côtés d'Apple depuis que le règlement ebooks a été adopté par le reste des éditeurs impliqués dans une entente sur les prix des ebooks qui a valu à tous un retentissant procès, l'éditeur Macmillan entend bien poursuivre le combat, aidé par la marque à la pomme, dans un procès à suivre en juin 2013. En attendant, pour terminer l'année en beauté, le chef de la direction John Sargent s'est fendu d'une lettre où il explique la position de la société vis-à-vis de l'entente sur les prix dont elle est accusée.

 

 

Pan Macmillan; King's Cross, LondonPan Macmillan, à Londres, I am I.A.M., CC BY-NC-ND 2.0

 

 

 

Le message de John Sargent est disponible sur le site Internet du groupe : daté au 19 décembre 2012, il a été écrit la semaine précédente, alors que Penguin acceptait, après force résistance, le règlement proposé par le Department of Justice. (voir notre actualitté) Ce règlement impose aux éditeurs des conditions commerciales précises, comme l'interdiction de fixer les prix de leurs livres numériques.

 

 

 

Malgré le délai entre rédaction et mise en ligne, Sargent a finalement décidé de publier sa lettre ce 30 décembre, « dans sa forme initiale », et pas à cause des cartes de voeux à écrire : « Car notre position n'a pas bougé », explique le chef de la direction. Dans un premier temps, Sargent qualifie sa maison de « plus petite des grandes maisons d'édition », et prend acte de la fusion Random House/Penguin, qui ne l'effraie visiblement pas plus que cela : « Nous nous porterons bien dans le monde des géants », écrit-il.

 

 

 

À propos du DoJ, Sargent rappelle les causes premières qui ont motivé le refus : ici, rien d'inédit, puisque que la maison s'est toujours considérée comme non coupable de collusion, mais plutôt à l'origine d'une sauvegarde du marché face au dumping [baisse des prix] d'Amazon sur les prix des ebooks. Et confirme les suites du procès pour juin 2013.

 

 

 

Toutefois, bien qu'il conteste la décision du juge, le chef de la direction confirme que de nouveaux contrats ont été scellés avec les différents revendeurs, purgé de la clause de la Nation la Plus Favorisée (qui permettait à Apple d'être certain qu'aucun prix plus faible n'était affiché par ses concurrents), et augmenté d'une remise de 10 % possible sur les ouvrages au tarif de 13,99 $ et plus. Sargent, que l'on devine un peu agacé, souligne que 33 États, et peut-être bientôt le Canada, ont poursuivi sa maison.

 


Les meilleures nouvelles sont évidemment en fin de missive : le piratage n'a pas augmenté chez Tor Books, malgré (grâce à ?) l'abandon des DRM. (voir notre actualitté) Le chef de la direction ne s'avance pas, mais peut-être 2013 verra-t-il un premier Big Six abandonner ces mesures de protection techniques... En tout cas, « Nous lancerons début 2013 une bibliothèque de prêt de livres numériques » révèle le chef de la direction : champagne dans les établissements de prêt.