2014, année stable pour les revenus de l'édition britannique

Antoine Oury - 11.05.2015

Edition - Economie - Publishers Association - revenus chiffre d'affaires - édition britannique


La Publishers Association, équivalent du SNE au Royaume-Uni et organisme représentant les éditeurs, a dressé un bilan de l'année passée. Le chiffre d'affaires total de l'édition britannique accuse un repli de 2 %, avec 4,3 milliards £ pour 2014 : malgré ce pourcentage négatif, les 12 mois ont été tranquilles, sans crise majeure.

 

 

Publishers Association - London Book Fair 2014

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les ventes de livres papier ont donc accusé le coup, malgré tout, avec une baisse de 5 %, en valeur, à 2,75 milliards £, quand les ventes de livres numériques prennent 11 %, à 563 millions £. Inutile de souligner que la fortune d'un format ne fait pas le bonheur de l'autre, et que les ventes de livres numériques « ne compensent pas » les ventes de l'imprimé.

 

Le repli de 2 % des ventes totales de livres (incluant les journaux académiques) avait déjà été observé pour l'année 2013, note la Publishers Association. En somme, l'année n'est pas alarmante, mais la tendance est un peu plus inquiétante.

 

Si l'on entre dans les genres des livres, la fiction subit un recul important au format papier, à — 9 %, quand le format numérique gagne 6 % — ce qui n'est pas suffisant, là encore, pour équilibrer.

 

« Une inquiétude grandissante, pour les éditeurs, est de s'assurer que les lecteurs ont toujours la possibilité de découvrir de nouveaux auteurs dans un environnement avec toujours moins de librairies, et un choix infini sur le web », souligne David Shelley, de Little, Brown auprès du Bookseller. Par ailleurs, la baisse de 2 % du résultat global ne peut pas s'expliquer par l'absence de best-seller, puisque 2013 en manquait cruellement, lui aussi, à l'exception d'Inferno de Dan Brown.

 

La non-fiction a aussi essuyé un recul de 9 % de son chiffre d'affaires, y compris sur le format numérique (— 2 %), alors que son potentiel était toujours tourné vers le positif depuis des années. Néanmoins, la baisse s'explique cette fois par les excellents résultats, l'année passée, de l'autobiographie de Sir Alex Ferguson.

 

Comme sur à peu près tous les marchés, l'édition jeunesse se porte très bien, avec une croissance de 11 % des ventes (à 349 millions £). 

 

Le volet des exportations serait le plus inquiétant, pour l'édition britannique, puisqu'il représente près de la moitié de leurs revenus... L'Europe représente à elle seule 37 % des exportations britanniques, en valeur, et elle a perdu 6 % l'année passée. « Nous avons perçu des signes inquiétants de contraction des espaces accordés aux livres en anglais dans les chaînes comme Thalia ou Fnac », dénonce ainsi Jonathan Atkins, directeur de Pan Macmillan pour l'international. Certes, l'Asie a gagné quelques points, mais ne représente toujours que 16 % des exportations.

 

Le chiffre d'affaires des éditeurs d'ouvrages académiques ou professionnels diminue de 1 %, à 1,074 milliard £, mais le chiffre d'affaires du format numérique est encourageant, avec 17 %, à 252 millions £. Dans ce secteur, cette fois, le numérique a pratiquement compensé la baisse des ventes physiques. Les journaux académiques, eux, voient leurs revenus augmenter de 3 %, à 1,016 milliard £.