2015, une année de rupture et d'enchantement pour l'industrie du livre italienne

Nicolas Gary - 28.01.2016

Edition - Economie - Italie livres - industrie économie lecteurs - achats croissance


L’année 2015 fut placée sous le signe du changement, pour l’industrie du livre italien. « Après cinq années de souffrance, la photographie est inhabituelle : tous les signes sont positifs. Mais le livre est devenu un produit cyclique, avec une clientèle plus autonome et exigeante », explique l’Associazione Italiana Editori (AIE).

 

Giunti al Punto librairie

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Cinq années de crise dans le secteur de l’édition, l’AIE est heureuse de constater que 2015 a enfin rompu avec la malédiction des années passées. « Est-ce l’aube d’un jour nouveau ? L’année 2015 est celle du changement », assure l’organisation, avec prudence. 

 

Certes le regain est timide, mais les lecteurs sont bien de retour, avec une croissance également constatée pour le livre numérique. Le livre papier enregistre une hausse de 0,7 %, selon les données Nielsen. Et si l’on prend l’ensemble des canaux de vente, incluant le livre numérique, on arrive cette fois avec une croissance de 1,6 %.

 

Ces lecteurs qui se raréfiaient ont augmenté de 1,2 %, avec 283.000 personnes de plus qui se sont remises à lire. 

 

Chez les 6-14 ans, la croissance des lecteurs est de 46,5 % et de 63 % pour les préscolaires, ainsi que 52,5 % pour les jeunes adultes. Ils restent cependant les plus attirés par la lecture, dans l’ensemble du pays.

 

Du côté de la lecture numérique, l’AIE, se basant sur les données Istat, enregistre un recul de 5,6 %, soit 277.000 personnes de moins. Toutefois, l’ebook continue de toucher entre 4,5 et 5 millions de personnes dans le pays. Chez les 15-19 ans, la lecture de livres numériques est de 15,3 % soit près de deux fois la moyenne nationale de 8,2 %. 

 

"Ce qui a changé, c’est le lecteur : plus autonome, flexible. C’est là que se placent les véritables enjeux de 2016." Giovanni Peresson

 

Le secteur numérique enregistre toutefois 90,9 millions de ventes de livres, soit 0,7 % de mieux. En 2014, elles diminuaient de 2,1 %. C’est le secteur jeunesse qui a poussé l’ensemble, avec une croissance à deux chiffres. L’ebook représente désormais 51 millions € de chiffre d’affaires, soit 4,3 % des ventes.

 

L’offre de livres est poussée avec une augmentation des titres publiés : 62.250 ouvrages pour l’année 2015, avec 56.727 titres disponibles en format numérique. Ils représentent donc 91,1 % des nouveautés parues au cours de l’année. 

 

Les ventes de droits à l’étranger ont également connu une année faste, avec + 11,7 %, supérieur à celle de l’achat de droits, pourtant en augmentation de 2 %. 

 

Dans les différents genres, c’est bien la jeunesse qui tire l’industrie : elle représente 10,3 % des titres parus, et 17,4 % de la valeur du marché ainsi que 22,9 % du nombre d’exemplaires vendus. 

 

La non-fiction, politique, religion, etc., pousse un timide 0,6 % en valeur et 1,2 % en volume. En revanche, la fiction, en hausse de 2,6 % en valeur, recule de 1,4 % en volume – avec pour hypothèse que cela soit possiblement compensé par les ventes d’ebooks.

 

Les Italiens ont choisi de faire leurs achats dans les librairies, à 72,2 %. Les chaînes représentent 41,2 % de parts de marché, avec un véritable développement, alors que la librairie indépendante représente 31 % du secteur. La vente en ligne, hors vente d’ebooks, équivaut à 13,9 %.

 

Giovanni Peresson, responsable du bureau des études de l’AIE ne voit que du bon dans ces résultats. L’industrie suit « une tendance positive, qui se retrouve également dans d’autres pays européens, à l’exception de l’Allemagne ». Le marché est en effet globalement à la hausse dans tout le continent pour 2015. « Ce qui a changé, c’est le lecteur : plus autonome, flexible. C’est là que se placent les véritables enjeux de 2016. »

 

Ce 29 janvier se tiendra, à la Fondazione Umberto e Elisabetta Mauri une journée réunissant les professionnels de l’édition. Un séminaire placé sous le titre La civilisation du livre. Les données du secteur seront exposées en détail, en présence du ministre de la Culture, Dario Franceschini.