2015, une année "sans croissance et complexe pour nos objectifs" (Editis)

Nicolas Gary - 19.12.2014

Edition - Les maisons - groupe Editis - Alain Kouck - Guillaume Vicaire


La direction du groupe Editis, Alain Kouck, PDG, et Guillaume Vicaire, directeur général, a été interpellée par l'intersyndicale, début décembre. À l'occasion des négociations annuelles ouvertes dans les différentes filiales du groupe, les syndicats déplorent qu'il n'y ait « rien, pratiquement rien », à négocier. Dans la joie et l'allégresse, donc.

 

Alain Kouck 

 

 

Les syndicats indiquent qu'au moment où le contexte financier « était favorable, les salariés n'ont pas été récompensés », la direction invoquant alors la prudence. Que proposer alors, dans un contexte plus difficile ? Déplorant la dégradation des conditions de travail (non-remplacement de départs, ou licenciements), le syndicat évoque une hausse de « l'absentéisme, une augmentation des ruptures conventionnelles, une augmentation des burn-out ». 

 

Bien entendu, le contexte de l'industrie du livre est considéré comme sensible, et la pression exercée sur des effectifs réduits d'année en année se ferait ressentir. Sans compter que « les salaires stagnent et les salariés perdent du pouvoir d'achat inexorablement ». Le syndicat reproche que « la seule “proposition” qui est faite aux salariés est de revenir sur leurs acquis », et ce, sans que « cela ne semble [...] vous affecter ».

 

Bien entendu, la direction a répondu, assez promptement, souhaitant « renouveler ici toute la bienveillance que nous portons à la qualité de notre dialogue ». Les principales orientations ont été présentées pour l'année 2015, « sans croissance et complexe pour nos objectifs ». Les directions sont donc en charge d'établir des propositions « dans le respect de la réglementation ». 

 

La direction souligne par ailleurs que, si les syndicats se montrent inquiets, « il n'en demeure pas moins que notre situation sociale est plutôt favorable au sein de la profession ». Et ce, tant d'un point de vue durée de travail, que rémunération, et avantages. Quant aux négociations, « des accords d'intéressement ont été renégociés, les conditions de l'épargne salariale ont encore évolué, et d'autres propositions d'améliorations sont proposées au titre des avantages sociaux ». 

 

Plusieurs sources, au sein du groupe, nous assurent que « la logique est en effet aux économies », par différents biais. « Mais il est complexe d'avoir une vue d'ensemble : nous naviguons dans un certain flou. »