2016 : quel bilan dans la Turquie où Asli Erdogan est toujours prisonnière ?

Elodie Pinguet - 22.12.2016

Edition - International - Asli Erdogan - Turquie censure - liberté d'expression


L’année 2016 a été marquée par le coup d’État qui a frappé la Turquie d’Erdogan et les vagues d’arrestations qui l’ont suivi, comme celle d’Asli Erdogan. L’IPA revient sur quelques actions accomplies et renforce sa volonté de poursuivre sa mobilisation l’année prochaine. Pour la liberté d'expression, 2017 sera une année cruciale

 

Gwenael Piaser, CC BY NC SA 2.0

 

 

L’année 2016 arrive à son terme. Pour la plupart des populations dans le monde, l’heure est à la fête et aux retrouvailles familiales. Pourtant il convient de ne pas oublier les funestes événements qui se sont déroulés au cours des douze derniers mois. Bien entendu, on ne peut résumer 2016 à ses tragédies, mais l'année s’est avérée plutôt noire dans le domaine de la liberté d’expression, notamment en Turquie. 

 

La tentative de coup d’État du 15 juillet aura fait éclater des libertés fragiles. Le gouvernement a alors procédé à une vaste purge et a arrêté des militants, des journalistes, des écrivains. Parmi eux, la romancière Asli Erdogan : emprsonnée depuis le 19 août, elle est devenue le symbole de l'oprresion du président turc.

 

Une moblisation internationale

 

L’International Publishers Association (IPA) et d’autres organismes comme le PEN International ont œuvré toute l’année pour tenter de changer la donne en Turquie, où la censure fait rage. La mission la plus importante concernait la libération d’Asli Erdogan, atteinte de gros problèmes de santé.

 

Benôit Müller, un avocat suisse, connaissait Asli Erdogan depuis 1990 et il avait, de son côté, beaucoup voyagé à Ankara et Istanbul pour observer des procès ou rencontrer écrivains et éditeurs. Il s’est associé avec L’IPA qui a mobilisé son réseau d’ONG pour lancer un mouvement international sur ces oppressions. De cette mobilisation résultent plusieurs initiatives, comme des lettres ou des pétitions.

 

Par exemple, les réseaux sociaux ont été fortement mis à contribution, avec le lancement de plusieurs hastag et de messages de soutien.

 

2017, parvenir à résoudre la situation

 

Pour Müller, ces actions seraient plus efficaces que la diplomatie politique : « Ce qui s’est passé en Turquie cette année est écœurant, et la réponse diplomatique de l’Europe, les États-Unis et ailleurs a été au mieux tiède. Lorsque les rouages de la diplomatie sont bloqués à cause de la géopolitique internationale, la société civile, les ONG et les individus ont un devoir encore plus grand, faire tout leur possible pour faire de ces outrages une priorité diplomatique. »

 

Par leur collaboration, l’IPA, le PEN International, la Swiss Authors Association et Müller ont essayer d’inciter David Kaye, rapporteur spécial de l’ONU sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que le ministre suisse des Affaires étrangères à faire plus pour la Turquie.

 

Asli Erdogan : “Liberté, Égalité, Fraternité, ces concepts se doivent d’être universels” 

 

Ils ont également demandé à David Kaye d’assister au procès d’Asli Erdogan et de la traductrice Necmiye Alpay qui démarre normalement le 29 décembre. Rappelons-le, les deux femmes sont accusées d’association avec une organisation terroriste depuis peu, après que ce nouveau chef d'inculpation a été déposé par un nouveau tribunal. Elles risquent la prison à perpétuité. 

 

Rappelons que les deux femmes avaient été temporairement libérées, avant d’être de nouveau incarcérées, le 23 novembre dernier. Un cafouillage juridique plus pernicieux encore, de la part du gouvernement turc. L’IPA ne baisse pas les bras et compte bien continuer à se mobiliser en 2017. Ils ont rejoint un groupe de plusieurs organisations dirigé par Article 19 à Londres. Ce groupe concentre son attention sur la Turquie.

 

 

Via IPA