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2017, pénible année pour la vente de livres chez les éditeurs

Nicolas Gary - 28.06.2018

Edition - Economie - 2017 ventes livres - éditeurs livres France - chiffre affaires éditeurs


L’année 2017 dans l’industrie du livre aura marqué un petit coup : avec 2,837 milliards € réalisés en 2016, contre 2,792 milliards €, c’est un recul de 1,61 % qui est constaté sur l’échantillon des 160 maisons (650 marques éditoriales). En volume, même punition : on recule de 1,05 %, à 430 millions d’exemplaires contre 434,5 millions. 


Livre Paris 2016
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

Et bien évidemment, c’est en partie la faute de campagne présidentielle, qui aura plombé le premier semestre de l’année passée. Fort heureusement, assure le SNE, les ventes de la rentrée littéraire ont su redresser la barre. 

 

De fait, les résultats sont dans une infime proportion améliorés par les cessions de droit, seules à être dans le vert : avec 4,37 % de mieux, passant de 132,2 à 137,9 millions €, il s’agit, dans le chiffre d’affaires des éditeurs, du seul créneau porteur. En revanche, la vente de livres, stricto sensu, perd 1,90 point, à 2,654 milliards € contre 2,705 milliards € en 2016. 

 

Côté droit d’auteur, les versements sont en hausse de 1,64 %, passant de 468,5 à 476,2 millions €. Sur le chiffre d’affaires des maisons, il représente en moyenne 10,6 % – contre 10,4 % en 2016.

 

Alors, dans une année en repli, que fallait-il vendre ? Eh bien, c’est simple : des livres de poche. Avec 379,5 millions € de CA, pour 116,5 millions d’exemplaires, c’est mieux que 2016 en valeur, tout en ayant écoulé moins en volume (0,29 de mieux, et - 0,23 %). Le livre de poche pèse désormais 14,3 % du CA global de l’édition – mais toujours avec 58 % de la production qui relèvent de la littérature, soit 221,1 millions €. 



 

« Le poche connaît aussi des long-sellers : L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante ou La fille du train de Paula Hawkins ont continué à bien se vendre en 2017. Les livres qui ont inspiré des adaptations en film ou série réalisent de belles performances, comme Au revoir là-haut de Pierre Lemaître ou La servante écarlate de Margaret Atwood », indique le rapport du SNE. 

 

Plus, toujours plus

 

Côté production éditoriale, on est inversement proportionnel à l’évolution du chiffre d’affaires : avec 103.534 titres produits en 2016 contre 104.671 en 2017, le secteur a réalisé plus de nouveautés (47.538 à + 0,72 %) et plus de réimpressions (57.133 à + 1,42 %). 

 

En volume, cependant, moins d’impressions de titres : on passe de 553 à 522,8 millions d’exemplaires, avec un fort recul des nouveautés : 320,5 millions, soit - 6,51 %. 

 

Le tirage moyen est de 6742 exemplaires, en diminution de 7,17 %, pour les nouveautés et de 3540 exemplaires (- 5,1 %) pour les réimpressions. L’arrivée des opérateurs d’impression à la demande, comme Copernics chez Editis, qui a passé son million d’exemplaires imprimés, explique certainement ces données. 

 


 

Enfin, notons que, dans le circuit de commercialisation, la librairie de premier niveau perd 5,1 points, de même que les grandes surfaces alimentaires, qui perdent également 4,9 %. Seuls le 2e niveau (avec internet et un autre indéterminé) affiche + 2 % et les grandes surfaces spécialisées connaissent une hausse de + 1, 9 %.  

 



 

 




Commentaires

Ce n'est pas être défaitiste que de dire que les chiffres et les modèles économiques en place étouffent le monde littéraire.

Le souffle industriel étouffe le feu sacré. La créativité est ainsi annihilée par un manque manifeste de prise de risque autant que par un soucis de rentabilité. On aplanit, on lisse au métronome les bilans.

Cette pathologie est plutôt la cause des maux du secteur.

Il faudrait voir loin, semer pour demain ; sortir des schémas actuels pour trouver les moyens de demain.

Chercher dans les moyens technologiques n'aurait aussi pas les effets escomptés. Il faudrait plutôt travailler à créer le marché et non s'adapter à lui. Un chat qui tente d'attraper sa queue tourne en rond puis s'arrête épuisé.

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