233 Degrés, une plateforme pour le livre, basée sur les réseaux sociaux

Nicolas Gary - 19.08.2019

Edition - Société - plateforme numérique - médias sociaux - réseaux production contenus


Au croisement des réseaux sociaux, de l’information et de la production de contenus, se trouvera désormais 233 Degrés. Cette plateforme reposant sur les différents outils web — Facebook, YouTube, Instagram, Twitter, Linkedin — se lance pour la rentrée. À sa tête, trois journalistes et un chargé de relations média. Au menu, vidéos et podcasts.


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Dans la même veine que des expérimentations comme Explicite ou Monkey — des médias axés sur une diffusion réseau prioritairement — 233 Degrés arrive donc dans le paysage de l'édition. Comme souvent, c’est l’envie de faire quelque chose qui aura réuni Nicolas Carreau (Europe 1), Hubert Artus (Lire, Causette), Léonard Billot (France Inter) et Arnaud Labory, (RP et Social Media). Un quatuor littéraire – ô combien –, qui s’aventure à son tour dans les arcanes des réseaux sociaux.
 

Une plateforme, pour en englober le plus


« Ce sont des profils différents, mais tous nourris par les mêmes centres d’intérêt », indique Arnaud Labory. « Et avant tout, l’idée de concrétiser quelque chose autour du livre. » Aussi, 233° n’est pas un média à proprement parler : « Nous aurons une partie de production journalistique, réfléchissant notre ligne éditoriale. L’autre volet, ce sera la réalisation de contenus, financés par des éditeurs, des festivals ou des institutions. »

Une approche de brand content identité, avec des formats audio ou vidéo, aux couleurs du partenaire. « Derrière 233, il y a toute une réflexion sur l’évolution des médias, et comment, par des formats spécifiques, on peut aller chercher des lecteurs via ces outils sociaux. » 

« Nous devons capter rapidement qui est le public, quelles sont ses sources, et par la suite, produire des contenus en mesure de parler et d’étonner. Le tout avec à l’esprit de valoriser les informations dont on dispose via nos activités. »

Brèves pastilles, formats dynamiques, entretiens plus longs, tout est appréhendé : « Nous avons d’abord réfléchi en fonction des plateformes, pour concevoir les réalisations. » C’est-à-dire, comment s’inscrire dans les pratiques, suivre l’âge des utilisateurs, mais également prendre en compte les différents algorithmes.
 

Les nouveaux modes de consommation


Pour Léonard Billot, « ce sont les codes propres des réseaux qui permettent d’amener et de parler différemment de littérature ». Pour Inter, il a été le producteur de l’émission Oli, une série de podcasts où des auteurs lisent des histoires à destination des enfants. 

S’emparer des codes, et proposer une diffusion culturelle plus contemporaine — ancrée dans les usagers web — « nous permettra d’atteindre des publics qui n’ont pas l’habitude de lire ni d’ouvrir des livres. C’est l’occasion de dépoussiérer et de désacraliser, avec une approche plus populaire et sexy », indique-t-il à ActuaLitté.



 
Entre podcasts et vidéos, l’équipe de 233 Degrés insiste : il s’agit de répondre aux « nouvelles manières de consommer la culture, et de faire circuler l’information ». Le tout en profitant de ce que ces canaux de diffusion peuvent apporter. 

Côté éditorial, on souhaite « faire entendre de nouvelles voix, trouver de jeunes auteurs, avec un panel de programmation qui explore la littérature, et la ramène vers les gens ». Conscient des contraintes qu’impliquent les réseaux, l’équipe n’a pas encore de grille de diffusion, mais « fera le maximum ».

« Notre tropisme, ce seront tous les livres, BD y compris », indique Hubert Artus. Avec même une prédilection pour les écrivains de non fiction. « Leur langage relève du “il était une fois” et du discours sur le réel. Or, par la vidéo, ce que l’on recherche, c’est avant tout le storytelling. »

Des portraits, des autoportraits, des lectures : pour l’heure, les approches sont classiques. « Il faut d’abord lancer le premier étage de la fusée, avant de passer aux autres étapes. »
 

La 5G, accélérateur de particules (élémentaires)


Fruit d’une réflexion entamée voilà un an, Hubert Artus estime pour sa part qu’il fallait « se rendre là où se trouvent les nouveaux producteurs, qu’on parle d’Instagram ou de YouTube ». Chercher, en somme, comment renouveler le genre, « en partant du principe que ceux qu’on désigne comme influenceurs sont les descendants des blogueurs. Et nous, journalistes littéraires, avions un peu manqué cette dimension, à l’époque ».



 
Cette époque, c’est celle de Rue89, média impulsé par d’anciens journalistes de Libération, qui en mai 2007 décident de tout basculer sur internet. « Je n’étais pas parmi les fondateurs, mais je m’occupais du volet culturel. Et en une dizaine d’années, le moins que l’on puisse dire est que le net n’a plus rien à voir avec ce qui avait été alors initié. »

En premier lieu, l’avènement observé par tous de la 5G. « Cette connexion, plus rapide, plus puissante, donnera naissance à de nouvelles addictions numériques », souligne-t-il. « Et certainement, je le dis sans jouer les devins, accentuer plus encore l’un des médias sociaux contemporains, ou en faire émerger un nouveau. » De quoi créer les futures connexions entre une recommandation entendue et son téléchargement. « De ce point de vue, la 5G va tout accélérer. »

De la présence en festivals et autres salons du livre, jusqu'aux contacts avec les auteurs – tous les auteurs –, 233 Degrés aspire à faire bouillir la marmite. Ça tombe bien, c’est (à peu près) la température d’un roman toujours brûlant, Fahrenheit 451, de Ray Bradbury. Prêts à enflammer l’édition ? 


Commentaires
Belle initiative! LOL
Franchement, je n'ai pas compris grand chose; s'agit-il d'un magazine papier, d'un journal sur Internet ? Je n'ai pas compris non plus l'intérêt de l'auteur qui parle des tatouages. J'ai l'impression d'un média qui va nous parler des "bobos" qui font des livres et donc des auteurs germanopratins.

Attendons.
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