2500 auteurs et 7000 titres victimes du conflit Hachette-Amazon

Antoine Oury - 05.09.2014

Edition - International - Authors United Amazon - Hachette conflit - conditions de vente


Sans eux, le conflit entre Amazon et Hachette n'aurait probablement pas bénéficié d'une couverture médiatique aussi importante. En se payant une pleine double page dans le New York Times début août, plus de 900 auteurs ont attiré l'attention sur les pressions commerciales d'Amazon pour obtenir de meilleures marges sur les ventes, et réduire le prix du livre numérique. Et leur action ne s'arrêtera pas là, promettent-ils.

 

 

amazon danbo

(Zhao !, CC BY 2.0)

 

 

Évidemment, une double page dans un journal national comme le New York Times ne coûte pas deux sous : 104.000 $ auraient été déboursés par les auteurs pour défendre leurs éditeurs (tous ne sont pas publiés par Hachette). La lettre était rédigée par Doug Preston, « leader » du groupe de militants Authors United, et il explique dans une nouvelle missive que AU a d'autres projets en tête.

 

Preston revient sur les différents événements qui ont suivi : la création d'une plateforme Readers United (« Lecteurs Unis ») par Amazon, en réponse aux arguments des auteurs et éditeurs, ainsi que la citation tronquée de George Orwell, qui a causé préjudice au cybermarchand. 

 

« Amazon continue de punir les livres : 2500 auteurs Hachette et plus de 7000 titres ont visiblement été affectés » détaille Doug Preston, en assurant que les ventes sur Amazon de ces ouvrages ont diminué de 50 %, voire de 90 % dans certains cas. « Cela fait désormais 6 mois que la situation dure, et elle s'est révélée particulièrement dommageable pour les jeunes auteurs et ceux qui sont peu mis en avant », explique-t-il.

 

Par ailleurs, Amazon semble désormais lancé dans des négociations similaires avec Simon & Schuster, et Preston craint que le blocus ne s'étende à d'autres maisons. Il rappelle également que le mouvement ne rassemble pas que des auteurs riches, et que le prix du livre ne fait pas partie de leur revendication : seul compte, pour eux, la liberté de circulation des livres. 

 

L'absence de sortie de crise à court terme « nous oblige à prendre une autre initiative », affirme Doug Preston, qui donne rendez-vous aux auteurs engagés la semaine prochaine. Et à Amazon aussi.