280 organisations signent la Déclaration de Lyon, mais l'OMPI s'abstient

Antoine Oury - 16.09.2014

Edition - Société - Déclaration de Lyon - Nations Unies IFLA - Ban Ki-Moon


Il y a un peu moins d'un mois, la Déclaration de Lyon était dévoilée à l'occasion du congrès mondial de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions (IFLA). Un texte majeur, qui entend inscrire dans les objectifs de développement des Nations Unies l'accès à l'information comme un droit inaliénable. Le texte a été signé à ce jour par 280 organisations, et traduit en 13 langues.

 


Sinikka Sipilä, présidente de l'IFLA - IFLA WLIC 2014

Sinikka Sipilä, présidente de l'IFLA (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

« L'accès à l'information est un point essentiel du développement des pays. Il n'est pas garanti partout, et pas même dans les pays développés, où des individus manquent de cet accès à l'information, par absence de connexion Internet ou d'ordinateurs », expliquait Sinikka Sipilä. Dévoiler le texte au moment du congrès, mi-août, semblait « un moment politique et stratégique opportun » pour l'organisation, qui espère le voir intégré au programme de développement de l'Après 2015 des Objectifs de Développement Durables de l'ONU.

 

Aujourd'hui, l'IFLA assure que 280 organisations ont signé le document : le secrétaire des Nations Unies, Ban Ki-Moon, doit publier pour la fin du mois d'octobre une synthèse qui réunira les différents sujets qui pourront être abordés dans le programme de développement de l'Après 2015. Entre la sortie de cette synthèse et la mise en place effective du programme, douze mois plus tard, il s'agira de faire pression pour que les États membres des Nations Unies demandent l'intégration de l'accès à l'information et des moyens de s'en servir, totalement absents des textes jusqu'à présent.

 

Si tous les espoirs sont permis, l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) ne signera pas la Déclaration, qu'elle juge trop évasive, d'après une source proche du dossier. En effet, aucune mention n'est faite du droit d'auteur, de la propriété intellectuelle, ou des éditeurs, ce qui a provoqué la méfiance de l'organisation internationale. La Déclaration de Lyon, si elle était intégrée aux objectifs de l'ONU, pourrait par ailleurs servir de levier pour élargir le domaine des exceptions au droit d'auteur, ce qui n'est pas forcément pour plaire à l'OMPI.