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3 Français sur 4 se disent favorables à l'écriture inclusive

Antoine Oury - 18.10.2017

Edition - Société - écriture inclusive - écriture inclusive France - féminisation noms


Le débat est désormais bel et bien ouvert : la découverte de l'utilisation de l'écriture inclusive, qui fait apparaître le féminin pour certains termes comme les métiers, dans un manuel scolaire, avait suscité l'ire de ceux qui y sont opposés. Un sondage mené par Harris Interactive auprès de 1000 répondants assure que 3 Français sur 4 y seraient favorables.


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(photo d'illustration, Fredrik Rubensson, CC BY-SA 2.0)
 


Il y a quelques semaines, fin septembre, un groupe Facebook rassemblant notamment des enseignants et des professionnels de l'éducation avait mis en avant un manuel scolaire publié par les éditions Hatier en mars dernier. Dans ce manuel d'Enseignement Moral et Civique de CE2, on pouvait découvrir des métiers rédigés avec « l'écriture inclusive », qui permet de signifier l'égalité homme-femmes en écrivant par exemple « artisan.e.s » ou « artisan·e·s » plutôt qu'« artisan ».

 

Ce faisant, Hatier et les auteures Sophie Le Callennec et Émilie François appliquaient les recommandations du Haut Conseil à l'Égalité pour une communication publique sans stéréotype de sexe, d'après le guide publié en 2015. Face au tollé, l'éditeur avait précisé qu'il ne s'agissait « ni d’un manuel de lecture, ni de français », mais aussi que « L’auteur et l’éditeur ont donc fait le choix d’une utilisation raisonnée de l’écriture inclusive limitée aux noms de métiers, de titres, de grades et de fonctions. »

 

Depuis, la polémique a fait son chemin, jusqu'à une réaction du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a souligné que l'écriture inclusive « ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire ».

 

En marge d'un débat sur le sujet proposé par TV5 Monde et Mots-Clés, l'institut de sondage Harris Interactive a proposé les résultats d'une étude menée auprès de 1000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. 

Malgré ce tonitruant débat, seuls 41 % des Français ont entendu parler de l'écriture inclusive, et ils sont seulement 12 %, parmi eux, à pouvoir expliquer ce en quoi elle consiste. Une fois informés sur les tenants et aboutissants de l'écriture inclusive, toutefois, 3 Français sur 4 s'y déclarent favorables : 75 % des personnes interrogées réagissent ainsi de manière positive (51 % favorables, 24 % très favorables), contre 25 % défavorables, dont 7 % très opposés.

Signalons toutefois que la présentation de « l'écriture inclusive » par Harris Interactive ne fait pas mention de l'orthographe particulière, avec les points médians, « · », ceux-là même qui ajouteraient de la confusion à la lecture. La présentation de l'institut est en effet la suivante :
 

L’écriture inclusive vise à utiliser le genre féminin autant que le genre masculin à l’écrit, en défendant notamment :
• La féminisation des noms de métiers Par exemple, préférer pour désigner une femme dire « une agricultrice » au lieu de « un agriculteur », ou encore « la chirurgienne » au lieu de « le chirurgien », « la directrice » au lieu de « le directeur »
• L’usage du féminin et du masculin plutôt que du masculin « générique » lorsqu’on s’adresse à la fois à des femmes et des hommes Par exemple, préférer « celles et ceux » à « ceux » ou « des collaborateurs et collaboratrices » à « des collaborateurs ».


Autant dire que le résultat est un peu biaisé par l'absence de mention de cette dimension de l'écriture inclusive, même si elle n'est pas sa principale caractéristique.

Harris Interactive a ensuite demandé aux individus interrogés - sur Internet - de citer des personnalités : l'objectif était de vérifier l'influence de la question, selon qu'elle fasse apparaître ou non un terme féminisé, sur les réponses.



L'intégralité de l'étude est disponible ci-dessous :