30 % des adultes américains sont usagers fréquents de leur bibliothèque

Antoine Oury - 14.03.2014

Edition - Bibliothèques - bibliothèques US - fréquentation - publics


Réjouissante étude que publie aujourd'hui le Pew Research Center, avec un sondage plus important que de coutume : près de 7.000 Américains ont été interrogés sur leur fréquentation des bibliothèques publiques, ainsi que l'usage qu'ils font des ressources des établissements. Si ces derniers semblent toujours aussi appréciés et utilisés, la fracture culturelle n'est pas réduite par les bibliothèques.

 


Visualisation des différents niveaux d'engagement auprès des bibliothèques publiques (Américains âgés de 16 ans et plus)

 

 

Au total, ce sont en effet près de 70 % des Américains qui sont engagés de manière forte ou moyenne auprès de leur bibliothèque publique : ces groupes d'usagers sont généralement impliqués dans des actions civiques ou collectives, et témoignent d'une appétence forte pour l'information, la communication et, évidemment, la lecture.

 

Parmi eux, entre 50 % et 80 % des individus interrogés ont visité au moins une fois une bibliothèque publique l'année passée. Les individus représentés par ces deux groupes sont généralement des femmes (62 %), mais encore plus, par rapport aux autres catégories, des parents. Par ailleurs, ces usagers disposent pour la plupart d'un haut niveau de revenus et d'études. Ils consultent régulièrement Internet, et se retrouvent souvent dans les librairies.

 

L'étude note toutefois que la stabilité économique n'est pas toujours de mise : parmi ces usagers réguliers, 23 % d'entre eux ont perdu leur poste récemment, 25 % sont à la recherche d'un travail et 17 % d'entre eux sont des étudiants. Pour entrer dans la vie active ou tenter d'y garder un pied malgré la crise économique, la bibliothèque semble donc toujours être perçue comme un refuge.

 

Parmi le groupe engagé de manière médiane avec les bibliothèques publiques, on note toutefois un recul de la fréquentation, ces cinq dernières années, pour un tiers d'entre eux. On retrouve des individus engagés dans leur communauté, vivant dans un quartier depuis plus de 10 ans, et visitant régulièrement les librairies, participant à d'autres événements culturels.

 

 Si ceux qui utilisent les bibliothèques ne semblent pas prêts de s'en éloigner, les résultats sont plus inquiétants concernant les autres publics : ces derniers ne semblent pas attirés par les établissements. Ces publics, qui fréquentent peu, voire pas du tout, les bibliothèques, ne se sentent pas concernés, et ne sont déjà pas consommateurs de produits culturels.

 

Par ailleurs, ils disposent en moyenne de faibles revenus (inférieurs à 30.000 $ par an) et n'ont pas suivi d'études supérieures. Parmi ces différentes catégories, entre 30 et 50 % n'ont pas lu de livres ces 12 derniers mois. Bien sûr, tous les répondants, y compris ceux qui ne fréquentent pas régulièrement les bibliothèques, saluent le rôle des établissements de prêt, et jugent que leur disparition serait une lourde perte pour leur communauté.

 

L'ensemble des résultats est disponible sur le site de Pew, et dresse donc un bilan mitigé : les bibliothèques atteignent un public avide de contenus culturels, mais semblent manquer un public qui aurait peut-être besoin de leurs services.