31 auteurs au secours d'Edward Snowden, contre Barack Obama

Clément Solym - 23.11.2016

Edition - International - auteurs Amérique Obama - Edward Snowden - Oliver Stone film


Ennemi public numéro 1, actuellement exilé en Russie depuis trois ans, Edward Snowden continue de pourrir la fin du mandat de Barack Obama. Récemment, le président des États-Unis avait réaffirmé son refus de gracier l’informaticien. Raison ? Il n’était pas passé devant les tribunaux. Mais entre temps...

 

Edward Snowden Wired Magazine

Mike Mozart, CC BY SA 2.0

 

 

Ils sont 31 auteurs américains, réunissant des plumes aussi célèbres que Michael Chabon, Ursula K. LeGuin, Neil Gaiman, ou encore Joyce Carol Oates, à avoir signé une lettre ouverte envoyée au POTUS. Les écrivains exhortent Obama à gracier Snowden, et l’autoriser à reprendre une vie normale. Pardon Snowden est explicite, et résulte d’une lettre publiée originellement le 22 novembre dernier dans le New York Times.

 

Auteurs de fiction, de non-fiction, de poésie, de théâtre, de romans ou d’autres, inclassables, tous font s’élever une voix unanime. Et rappelant que leur droit à la liberté d’expression n’est pas une fin, mais un moyen pour porter des messages, ils réclament tous que le cas Snowden soit revu.

 

C’est qu’après avoir prêté serment devant la Constitution des USA, Snowden a fait fuiter des informations confidentielles, venant d’institutions réputées honorables sur le territoire américain. Un acte délibéré, conformément au principe édicté par le président Jefferson, selon lequel, « partout où les gens sont bien informés, ils peuvent se fier à leur gouvernement ».

 

Or, c’est en risquant sa vie que Snowden a permis cette information du public – et c’est « exactement le type de circonstances pour lesquelles la présidence a été investie du privilège de gracier les personnes », indiquent les auteurs.

 

Et de rappeler que tout au long de l’histoire américaine, en cas d’infraction aux règles du pays, la grâce présidentielle a pu s’appliquer. « En graciant Snowden et en lui permettant de revenir libre dans le pays qu’il aime, votre administration enverrait un message à l’avenir : l’Amérique reste attachée à sa responsabilité démocratique et les innovations de demain ne seront jamais autorisées à faire plier la Constitution. Au contraire, elles se conformeront à son mot, pour renforcer les droits qu’elle confère. »

 

Edward Snowden a été accusé de vol de biens gouvernementaux et de violation sur la loi Espionage, depuis le mois de juin 2013. Quelques semaines plus tard, il a dû fuir à Hong Kong et s’est par la suite réfugié en Russie pour échapper à la justice américaine. L’ensemble des documents qu’il avait découverts, issus de la NSA, avait été confié à trois journalistes.  

 

La loi anti-piratage américaine, DMCA, violerait le Premier amendement

 

Dans un récent entretien, le président Obama avait reconnu que Snowden, en agissant de la sorte, avait soulevé des préoccupations tout à fait compréhensibles. Cependant, la méthode employée pour attirer l’attention du public sur les dérives du système n’était clairement pas en accord avec les valeurs américaines – tout du moins, avec les solutions que l’administration Obama pouvait accepter. 

 

Son histoire a fait l’objet d’une adaptation par Oliver Stone.