VO-VF, le monde en livres, le festival qui ouvre les frontières

Claire Darfeuille - 09.09.2015

Edition - International - festival frontières - livres lecture - traduction littérature


Du 2 au 4 octobre, le festival Vo-Vf met à l’honneur la littérature étrangère en donnant la parole à ses meilleurs ambassadeurs, les traducteurs. Trois jours de rencontres, de tables rondes et d’animations gratuites au Château de Gif-sur-Yvette et dans différents lieux du centre ville.

 

 

 

« Sans la traduction, qui est la langue de la littérature mondiale, la plupart des lecteurs n’aurait accès qu’aux auteurs francophones. Qui peut lire Shakespeare, Kafka ou Dante dans le texte ? » De cette évidence, rarement mise en avant, les deux libraires Hélène Pourquié et Pierre Morize ont tiré l’idée de ce festival, unique en son genre, qui invite à découvrir la littérature mondiale par le biais de ses traducteurs.

 

Pour cette troisième édition, la programmation a été étoffée et comprendra des rencontres « où l’on parle de livres » et des tables rondes plus spécifiques sur la traduction et la diversité des langues. Parmi les thèmes abordés, la littérature allemande, asiatique, indonésienne, israélienne, la poésie irlandaise, mais aussi les grands romans étrangers de la rentrée littéraire, la traduction des mangas, etc. le festival brasse large et ne se laisse enserrer par aucune frontière.

 

Jean Hatzfeld, Angélique Ionatos et Tobie Nathan

 

Il fait aussi écho à l’actualité mondiale avec un coup de projecteur donné à la littérature syrienne et turque, une table ronde avec l’artiste grecque Angélique Ionatos, la venue de l’écrivain et grand reporter Jean Hatzfeld avec sa traductrice italienne ou encore la rencontre avec l’ethnopsychiatre Tobie Nathan, qui évoque l’Égypte de son enfance dans son dernier roman Ce pays qui te ressemble (Stock 2015) et qui ouvrira le festival.

 

« Notre objectif est avant tout de donner envie de lire. Lors des deux premières éditions, nous avons pu constater, qu’après les tables rondes, les gens achetaient les romans dont ils avaient entendu parler, qu’ils prenaient les livres du même traducteur ou de l’auteur dont il avait été question », explique Pierre Morize. L’an passé, la librairie éphémère du festival, dont le fonds est composé par les libraires de Liragif en association avec les librairies étrangères de Paris, avait vendu trois fois plus de livres que l’année précédente. Une belle réussite, mais aussi une opération blanche pour la librairie qui reverse pour sa part tous ses bénéfices au festival.

 

Un festival gratuit et ouvert à tous

 

Une opération de financement participatif a été lancée cet été, car les aides des partenaires (Conseil général d’Île-de-France, Drac, ville de Gif-sur-Yvette, Sofia, maison d’édition Zulma…) ne suffisent pas à couvrir la totalité du coût du festival, organisé entièrement par les forces vives de la librairie Liragif, aidée d'une cinquantaine de bénévoles durant la manifestation. L’an passé, 5.000 euros avaient été rassemblés grâce à ce financement participatif. « Les gens viennent cette année directement donner à la librairie », observent Pierre Morize et Hélène Pourquié pour qui le festival doit rester « ouvert à tous » et donc « entièrement gratuit ». (Seul le banquet concert du samedi soir est payant : 15 euros. Ndr). 

 

Le château du Val-Fleuy accueille la 3ème éditon du festival Vo-Vf, le monde en livres

 

 

Pour être plus accessible, le festival a par ailleurs quitté l’ancienne résidence de campagne des Windsor où il se déroulait l’an passé, cadre ô combien bucolique, mais un peu éloigné du RER. Localisé désormais en plein cœur du centre-ville, à deux pas de la station Gif-sur-Yvette, le festival prend ses quartiers dans le château du Val Fleury mis à disposition par la ville. Des rencontres auront lieu également au cinéma Central, à la librairie, à l’Orangerie ou encore à la Brasserie du Val-Fleury, partenaire du festival. 

 

Toutes les infos pratiques et la programmation détaillée sur le site du festival et la page Facebook.