40 organismes d'Iran offrent 300 000 $ pour la mort de Salman Rushdie

Clément Solym - 23.02.2017

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Le ridicule de cette situation finit par faire perdre les comptes : depuis des années, l’Iran semble constituer un trésor de guerre dont la finalité serait la mort de Salman Rushdie. Et voici que, de nouveau, un montant de 300.000 $ est promis pour son assassinat.

 

Salman Rushdie 2011 Shankbone

David Shankbone, CC BY 2.0

 

 

Les sommes se sont succédé au fil des années, avec une stupidité constante : en 2003, l’ayatollah Hassan SaneII, qui dirigeait la fondation, avait déjà proposé d’augmenter de 2,8 millions à 3 millions $ la prime contre Rushdie. Or, en septembre 2012, on apprenait que 500.000 $ étaient ajoutés au fonds de 2,8 millions $.

 

En février 2016, alors que l’Iran avait décidé de boycotter la foire du livre de Francfort parce que Rushdie en était invité d’honneur, quarante médias iraniens s’étaient regroupés. Ils proposaient une récompense de 600.000 $ en guise de cagnotte, pour commémorer l’anniversaire de la fatwa lancée par l’ayatollah Khomeini, fondateur de la République islamique.

 

Et voici que le morbide anniversaire est de nouveau célébré : cette fois, 40 organismes gouvernementaux et entreprises associées sous le nom de Gardiens de la Révolution, décident de faire monter les enchères. Et le prix écœurant de 300.000 $ vient donc abonder les sommes passées.

 

Mais cette fois, les observateurs semblent bien plus critiques : le Conseil national de la résistance iranienne dénonce tout simplement une forme de distraction agitée devant les yeux du peuple. « Cela montre encore une fois clairement combien le terrorisme est lié à l’existence même de ce régime, et se présente comme l’un des piliers de sa survie », souligne Shahin Cobadi, du CNRI.

 

Et d’ajouter : « Le simple fait que de soi-disant médias, dans ce régime, allouent un budget pour des événements terroristes, indique que toutes les institutions du régime sont tournées vers de sinistres objectifs. Il est tout simplement ridicule de penser que l’on puisse communiquer avec les autorités théocratiques, pour tenter de les raisonner. »

 

C’est le 15 février 1989 que l’ayatollah a lancé une fatwa contre Salman Rushdie. Aujourd’hui, les analystes estiment que cette décision ne visait qu’à faire oublier les véritables intentions politiques lors de la guerre entre Iran et Irak.

 

via NCR Iran