4000 personnes perdront leur emploi chez Pearson, premier éditeur mondial

Antoine Oury - 21.01.2016

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Pearson, premier éditeur mondial, fait état depuis plusieurs mois de résultats en baisse. Si l'année 2015 se termine encore avec des bénéfices à hauteur de 720 millions £, la multinationale juge nécessaire de se séparer de 4000 employés, en prévision de nouvelles baisses prévues en 2016. Les licenciements recouvrent pas moins de 10 % de l'effectif total du groupe.

 

Pearson HQ Melbourne

Le siège de Pearson, à Melbourne (Michael Coghlan, CC BY-SA 2.0)

 

 

Le groupe explique ces coupes d'effectifs par les changements dans le secteur de l'éducation au Royaume-Uni, une baisse des abonnements aux États-Unis, la baisse des aides gouvernementales et des étudiants qui se tournent vers un marché de l'occasion. Le bilan 2015 de Pearson est malgré tout positif, avec des bénéfices qui se soldent à 720 millions £, et un bénéfice par action estimé à 70 pence. 

 

Néanmoins, ce sont 4000 personnes qui perdront leur emploi, en raison de prévisions à la baisse pour l'année 2016 : Pearson s'attend à des bénéfices en baisse, entre 580 et 620 millions £, et 55 pence par action, au maximum. « Les défis conjoncturels et politiques liés à nos plus grands marchés ont été plus prononcés, et vont durer plus longtemps que prévu », a simplement commenté John Fallon, PDG de Pearson.

 

Avec cette restructuration, qui coûtera 320 millions £, Pearson sera « en position de croissance sur les marchés principaux ». La suppression de 4000 emplois permettra d'économiser 250 millions £ en 2016 et 100 millions £ l'année suivante. La restructuration avait été annoncée en mai 2015, mais on évoquait à l'époque 3000 emplois sur la sellette.

 

La multinationale a déjà fixé ses objectifs pour 2018, avec la résolution de terminer l'année avec 800 millions £ de bénéfices, avec « le lancement de nouveaux produits, une stabilisation des abonnements des lycées américains et du marché britannique à la fin de l'année 2017 ». Évidemment, ces déclarations ont pour but de conforter les actionnaires, et cela a fonctionné, avec une hausse en Bourse ce matin.

 

Les suppressions de poste ne concerneront pas Penguin Random House, et pour cause : Pearson se partage le groupe avec l'allemand Bertelsmann. Début 2015, Pearson avait déjà annoncé une hausse très modeste de ses bénéfices (de 710 à 720 millions £), que le groupe attribuait aux coûts de la restructuration amorcée en 2013. Au cours de l'année 2014, Pearson a vendu les parts qu'il possédait dans les journaux The Economist et The Financial Times.

 

Les 4000 licenciés pourront s'interroger sur la stratégie globale de Pearson : constatant une baisse des achats et abonnements à ses titres pédagogiques, au Royaume-Uni, le groupe a choisi d'augmenter radicalement les prix de ses produits, avec des hausses parfois supérieures à 100 %, générant un peu plus de défiance auprès de ses clients habituels, universités ou bibliothèques.

 

En novembre dernier, le 2e Panorama EY-France Creative indiquait que l'industrie du livre, en France, avait perdu 7 % de ses emplois entre 2011 et 2013. La catégorie la plus touchée était celle des auteurs et traducteurs (- 24 %), loin devant l'édition, qui perdait 2 % de sa masse salariale sur la même période.

 

(via The Bookseller)