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43 écrivains new yorkais réunis pour un film

Clément Solym - 22.11.2012

Edition - Société - 43 - écrivains - Michael Maren


Dans le cadre d'un tournage, Michael Maren, auteur et pour la première fois réalisateur, a récemment réuni 43 écrivains new yorkais dans un bar, à 4h du matin.

 

 

 

(From left to right) Tad Friend; Jennifer Egan; Michele Filgate (events manager at Community Bookstore); Kurt Andersen; Roxana Robinson; Philip Gourevitch; Ryan Britt; John Burnham Schwartz; Rich Benjamin

 

 

Pour A Short History of Decay, avec un casting bénévole, se sont 43 écrivains qui se sont retrouvés sur le plateau à jouer leur rôle d'auteur. Ils ont surgi dans le bar new yorkais dès 4h du matin pour une scène qui débutait à 6h. Elissa Schappell, Darin Strauss, et Mary Morris sont au premier plan et font semblant de travailler. Derrière eux, Nick Flynn (Another Bullshit Night in Suck City) et Michael Cunningham. Et puis, Myla Goldberg, Joshua Henkin, Jesse Scheidlower, et tant d'autres.

 

« J'ai vraiment, vraiment envie de cette image », annonce Maren au cours d'une courte pause. Dans une scène que le réalisateur jugeait impossible à filmer, le personnage principal, Nathan Fisher, joué par Bryan Greenberg (One Tree Hill), vient d'être largué par sa petite amie écrivain en faveur d'un agent littéraire. Nathan Fisher tente alors de noyer son chagrin dans un café, mais il est confronté à un gag insensé : le café est plein à craquer d'écrivains célèbres. « C'est un peu une séquence de rêve », explique Maren. « Il ne peut littéralement pas trouver place à une table ».

 

Il y a quelques semaines, Maren avait sollicité des dizaines d'écrivains pour ce dernier jour de tournage. Il a surtout trouvé un partenaire généreux avec le propriétaire du Kos Kaffe, Allon Azulai. Avec un budget complètement parti en fumée, Maren a quand même réussi à motiver des dizaines d'écrivains qu'il avait convié au tournage. Les seuls qui n'ont pu répondre à l'inviation sont Paul Auster et Martin Amis. Tous les autres ont su être séduits par rien de moins que du café et des croissants.

 

Et les auteurs se sont volontairement plus à penser qu'ils étaient en train de travailler, d'après les témoignages laissés à Vulture, tandis que d'autres ne faisaient pas semblant : la chroniqueuse Elissa Schappell dit avoir réussi à écrire « une lettre difficile que je n'avais pas envie d'écrire ».