5 excellentes raisons de s'intéresser aux ventes de Nabilla quand on est journaliste

Clément Solym - 09.05.2016

Edition - Société - Nabilla livre confession - réseaux sociaux Nabilla - bimbo Nabilla télévision


À chaque publication, c’est le même cirque : d’un côté, des chiffres qui voudraient donner le tournis, de l’autre, une réalité des ventes souvent bien plus terre à terre. Nabilla, la bimbo star des réseaux sociaux a publié un nouveau livre le 11 avril, Trop vite, et depuis, on se demande bien ce qui se passe dans les médias. Pourquoi les bouquins qu’elle signe sont-ils si prisés ? 

 

Nabilla

 

 

Trop vite est sa meilleure vente : oui. Si l’on se fit à Edistat, le précédent baptisé Allô ! non mais allô quoi !, n’a pas passé la barre des 4300 ventes. Avec Trop vite publié chez Robert Laffont et coécrit avec Jean-François Kervéan, les compteurs seraient déjà à près de 17.800 ventes. Succès, donc, assurément. Et ce, alors que le livre est vendu 7 € de plus que son précédent ouvrage. 

 

Si l’on se fie à GfK, les ventes seraient de 19.121 exemplaires écoulés. Dans tous les cas, c’est mieux. Clairement mieux. Attendons de voir ce que les 40.000 exemplaires réimprimés donnent dans les prochaines semaines...

 

Trop vite fait le bonheur des librairies : clairement pas. Enfin, si, ça ne fait jamais de mal de vendre, les ventes comptabilisées dans les librairies tous niveaux (l’indépendant en bas de chez vous et la Maison de la presse de la rue d’en face) pèsent pour 15 % depuis la commercialisation. Mais alors qui se goinfre ?

 

Les grandes surfaces spécialisées ont réalisé 52 % des exemplaires vendus, et les grandes surfaces alimentaires, 33 %, indique Edistat. Des données susceptibles de bouger, certes, mais qui sont très proches de Allô ! non mais allô quoi !. En effet, la répartition était de 15 % pour la librairie, 36 % pour les grandes surfaces alimentaires et 49 % pour les grandes surfaces spécialisées.

 

 

 

Irrésistible, associer l’image de la Bimbo avec celle du Livre, objet culturel, provoque un choc : vrai... et vrai. Il est tellement simple de rire à l’idée que la star des réseaux puisse publier un ouvrage qu’on en oublie l’essentiel : des dizaines, des centaines d’autres livres de ce genre paraissent chaque année. Et, murmure-t-on, il arrive même que certains se vendent bien. Quitte à exploiter un filon, autant commencer par ce qui sent le gros coup.

 

Et puis, personne n’oubliera de si tôt le marasme de Allô ! non mais allô quoi !, annoncé avec des ventes records. La seule chose que l’éditeur Michel Lafon avait omis de préciser, c’est qu’il parlait de mise en place dans les librairies. Pas de ventes définitives. Un cas d’école sur l’économie du livre.

 

Ses sorties exemplaires démontrent sa passion de la chose écrite : sans commentaire. On se souvient de la gigantesque saillie contre les dictionnaires Larousse et Robert : Nabilla découvrait qu’elle ne figurait pas dans les éditions 2016 de ces parutions. Avec cette remarque d’anthologie : « Mr Larousse et l’autre la Robert vous m’avez soulé !!!!!! » (si, si...)

 

D’ailleurs, à l’exception des tabloid et quelques magazines people, le contenu de Trop vite capte assez peu l’attention. La seule chose qui compte est de savoir si l’on peut s’amuser de ce que l’édition tente ce genre de paris.

 


 

 

 

Ce qui amène à mieux développer cette idée. Nabilla est une marque qui fait vendre la presse : devine pourquoi ce billet existe... Certes ActuaLitté est un média centré sur l’industrie du livre, mais focaliser sur Nabilla, c’est tenter de surfer sur l’information du moment. On ne le fait pas la rage au ventre comme pour une enquête – mais certainement pas non plus sans un léger sourire. 

 

« J'ai été surpris par l'intelligence de ce livre... et par Nabilla, qui a fait preuve d'autodérision. Autodérision qu'on ne lui connaissait pas du tout », avait même assuré Augustin Trapenard, à la lecture du premier ouvrage. Certes, il avait du mal à garder son sérieux, mais dans quelques jours, il inaugure sa propre émission littéraire à la télé.