7117 langues vivantes sur notre planète, dont 2464 langues en danger

Marie Lebert - 07.05.2020

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Qu’est-ce exactement qu’une langue ? Comment mesurer le niveau de vitalité d’une langue ? À quel moment une langue est-elle en danger ? Que faire pour revitaliser une langue en danger ? De vastes questions auxquelles l’Ethnologue et l’UNESCO tentent de répondre. 


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La 21e édition (2020) de l’Ethnologue recense 7.117 langues vivantes et 136 familles linguistiques. L’équipe de chercheurs de SIL International rassemble et organise chaque année une masse gigantesque d’informations glanées et vérifiées une à une sur le terrain par des milliers de linguistes regroupés dans des équipes nationales et/ou linguistiques présentes sur tous les continents. L’Atlas interactif de l’UNESCO des langues en danger dans le monde recense pour sa part 2.464 langues en danger en 2020.
 

Qu’est-ce exactement qu’une langue ?


Mais qu’est-ce exactement qu’une langue ? Selon l’Ethnologue, catalogue de référence de réputation mondiale : « La manière dont chacun choisit de définir une langue dépend des motifs qu’on a d’identifier cette langue comme étant distincte d’une autre. Certains basent la définition d’une langue sur des raisons purement linguistiques. D’autres reconnaissent la nécessité de prendre aussi en compte des facteurs sociaux, culturels ou politiques.

En outre, les locuteurs d’une langue ont souvent leurs propres critères pour l’appropriation d’une langue comme étant la leur. Ces critères sont souvent bien davantage liés à des questions de patrimoine et d’identité qu’aux traits linguistiques de la langue ou des langues en question
. »
 

Les six niveaux de vitalité d’une langue


Le Rapport de l’UNESCO sur la vitalité et le danger de disparition des langues détermine six niveaux de vitalité pour une langue : sûre, vulnérable, en danger, sérieusement en danger, en situation critique, éteinte. (1) « Sûre » signifie que la langue est parlée par toutes les générations et que la transmission est ininterrompue d’une génération à l’autre. (2) « Vulnérable » signifie que la plupart des enfants parlent la langue, mais qu’elle est restreinte à certains lieux, par exemple le domicile. (3) « En danger » signifie que les enfants n’apprennent plus la langue comme langue maternelle chez eux.

(4) « Sérieusement en danger » signifie que la langue est parlée par les grands-parents. Si la génération des parents peut la comprendre, les parents ne la parlent pas entre eux ou avec leurs enfants. (5) « En situation critique » signifie que les locuteurs les plus jeunes sont les grands-parents et leurs ascendants, et qu’ils ne parlent la langue que partiellement et peu fréquemment. (6) « Éteinte » signifie qu’il n’y a plus de locuteurs.
 

Pourquoi une langue disparaît-elle ?


Quels sont les facteurs de disparition d’une langue ? D’après les experts de l’UNESCO : « Une langue disparaît lorsqu’elle n’a plus de locuteurs ou que ceux-ci se mettent à parler une autre langue -- en général, une langue de plus grande importance utilisée par un groupe plus puissant. Les langues sont menacées par des forces externes telles qu’une domination militaire, économique, religieuse, culturelle ou éducative, ou par des forces internes comme l’attitude négative d’une population à l’égard de sa propre langue.

Aujourd’hui, les migrations accrues et l’urbanisation rapide s’accompagnent souvent de la perte des modes de vie traditionnels et d’une forte pression en faveur de l’utilisation d’une langue dominante qui est nécessaire -- ou perçue comme telle -- à une vraie participation à la vie civique et au progrès économique.
 »
 

Que faire ?


Nombre de langues minoritaires, autochtones et menacées ont encore besoin de dictionnaires, de grammaires et de glossaires. Certaines langues ont même besoin de technologies de base telles que configuration de clavier et correcteur d’orthographe. La tâche est à la fois passionnante et titanesque.

Nombreux aussi sont les locuteurs de ces langues qui se battent pour garder leur culture en vie. De plus en plus de groupes linguistiques se tournent vers le web, devenu un outil majeur pour la revitalisation d’une langue. Des milliers de gens bloguent et utilisent les réseaux sociaux dans leur langue natale.

Les réseaux sociaux permettent à des communautés parfois éparpillées de nouer des liens et d’utiliser leur langue de manière naturelle. Ils permettent aussi de toucher les jeunes, un groupe démographique essentiel pour la revitalisation d’une langue, puisqu’une langue menacée est presque toujours une langue parlée seulement par les anciens. Plus les jeunes parlent et écrivent une langue menacée, moins elle risque de disparaître.

Source :
La saga du web multilingue
 


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