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9 millions € de soutien aux auteurs : le jour où il fut décidé que non

Nicolas Gary - 04.03.2020

Edition - Economie - France auteurs soutien - CNL DGMIC plan - plan soutien auteurs


EXCLUSIF – Quelques mois avant que ne soient inaugurés les États généraux du livre, le 22 mai 2018, une solide note parvenait à la branche armée du ministère de la Culture. La direction générale des Médias et Industries culturelles se voyait proposer un plan de soutien inédit pour les auteurs. Qui ne fut pas même remonté à la ministre alors en poste, Françoise Nyssen.


 

L’année 2017 s’était achevée avec les célébrations manquées de la Foire du livre de Francfort et quelques millions d’euros dépensés pour la gloire à géométrie variable de la nation. Et l’année 2018 ne démarrait pas bien fort : le mois de mars allait connaître l’épisode #PayeTonAuteur, et le Salon du livre de Paris devrait s’incliner. 

Fini la promotion et la visibilité : si l’on payait pour les plantes vertes, alors les auteurs n’en méritaient pas moins une rémunération juste pour leur présence.

Quelques jours après la fermeture de la manifestation, la DGMIC — alors pilotée par Martin Ajdari (directeur général), avec Nicolas Georges (directeur adjoint) — recevait un document qui aurait pu changer bien des choses. 

Le Centre national du livre y proposait de « prendre en compte la précarisation progressive des auteurs ». Mieux : « Maillon essentiel de la chaine du livre, il doit être renforcé pour préserver l’avenir de la création. » Il était déjà prévu que le CNL apporte son soutien aux États généraux du livre, mais proposait l’inimaginable : engager un plan de sauvegarde des auteurs « sur le modèle de ce qui a été proposé pour la librairie en 2013». Aurélie Filippetti était alors en responsabilités, à la rue de Valois.

Dans ce document pour partie consulté par ActuaLitté, le président de l’établissement du Centre offrait « un montant de neuf millions € sur trois ans, financé sur la trésorerie de l’établissement ». De quoi frapper un grand coup, pour améliorer le volume des bourses, ou encore travailler avec les DRAC et les régions à des dispositifs de résidences et compagnonnages améliorés.
 

Un push financier hors norme


La somme aurait pu « financer la présence des auteurs dans les festivals (hors débats) sans mettre en cause l’équilibre économique fragile de ceux-ci et des éditeurs ». Et plus encore, déployer des formations, « soutenir l’expérimentation numérique des auteurs et de renforcer significativement le dispositif d’aides sociales de la SGDL déjà soutenu ».
 
Envoyé au personnel de la DGMIC, ainsi qu’à plusieurs autres, se souvient-on. « Il y avait clairement dans ce projet une volonté de soutien et d’encouragement : pour que le secteur adopte les bonnes pratiques », nous indique-t-on. « Mais ça a été balayé d’un revers de manche. » Et pour cause : contrairement au plan destiné aux libraires, aucun remboursement ne pourrait intervenir. 


pixabay licence

 
Le principe porté par le président du Centre, Vincent Monadé, était alors de calquer ce qui avait été fait pour la traduction et de le prolonger aux autres auteurs. De même, le Centre aurait envisagé de réserver ses aides aux éditeurs à ceux « qui respecteraient un taux minimal de droits d’auteur dans leurs contrats ». 

Insolite : il est vrai que le roman n’est pas directement aidé (sauf résidence), mais pour nombre de segments éditoriaux, l’idée était disruptive. « Une telle politique d’encouragement serait particulièrement utile à l’heure où des discussions s’engagent en littérature jeunesse et en bande dessinée », concluait-il. 

Contacté par ActuaLitté, le CNL n'a pas souhaité commenter.


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