91,4 milliards €, le poids des industries créatives en France

Victor De Sepausy - 02.12.2019

Edition - Economie - panorama industries culturelles - industrie livre France - économie livre France


À l’ère de la réforme du droit d’auteur en Europe, du piratage sur la toile et de la profusion d’outils pour que les artistes s’autoproduisent, les industries culturelles et créatives en France sont vivaces. Plus de 600 métiers, quelques 300.000 entreprises, associations et organisations publiques… pour un chiffre d’affaires de 91,4 milliards € sur 2018. La croissance depuis 2013 affiche même un joli 6,7 % !


 

La culture va bien, si l’on se fie aux chiffres, du moins pour les entreprises culturelles. Le soft power tourne à plein régime, et génère une économie puissante au sein du pays, assure le ministère de la Culture. Dans le cadre du 3e panorama 2019, EY — France Creative, on apprend en effet que le segment représente 47,5 milliards € de valeur ajoutée en 2017 — soit 2,3 % de l’économie nationale. 

En somme, c’est autant que l’industrie agroalimentaire et 1,9 fois plus que l’industrie automobile. 
 

Présence publique souhaitée – voire obligatoire


Le tableau présente d’ailleurs des motifs de réjouissance : 1,3 million de personnes profite de ce segment avec des revenus directs ou indirects, en croissance de 7,1 % sur 5 ans. Les femmes y comptent pour 43 %. Et si l’on revient sur le soft power, 52 millions de touristes ont réalisé une expérience culturelle l’an passé, alors que l’export culturel est en hausse de 16 %.

Pour parvenir à s’en sortir, l’État, ou les pouvoirs publics plus largement, concourent à hauteur de 16,5 milliards € – considérant que certains domaines ne relèvent pas des activités marchandes, comme les musées nationaux, bibliothèques municipales, ou l'éducation culturelle. 

Peut-être de quoi expliquer comment le secteur est devenu florissant : on enregistre 15 % de création d’entreprises en plus (dans l’industrie, 14 %, dans la construction 10 %). Et 208 start-up culturelles ont bénéficié ou bénéficient de 2011 à 2016 de financements. Un chiffre qui rougirait cependant devant nos voisins : elles étaient 352 au Royaume-Uni et 215 en Allemagne.
 

Le panorama créatif, dans sa diversité


Parmi les 10 secteurs créatifs, le livre, bien entendu – et les non moins attendus spectacle vivant, cinéma et télévision – mais l’on compte également les arts visuels, la radio, la musique, le jeu vidéo, la presse et la publicité/communication.

Certains d’entre eux jouissent d’un véritable effet d’entrainement, quand d’autres, à l’instar de la télévision, la presse, le livre, le cinéma et la radio soit cherchent encore leur place dans l’environnement numérique, soit « pâtissent du renouvellement des modes de consommation des contenus ». 

Pour ce qui est du livre, l’institut GfK affirmait récemment que sa résistance devant le numérique restait exemplaire, en regard des autres biens culturels : pour plusieurs d’entre eux, la dématérialisation avait été complète ou quasi. Le chiffre d’affaires reste cependant stable, avec des revenus directs en hausse de 4,2 % — rythme toutefois moins élevé que la moyenne des ICC.
 

Le cas du Livre : résilient, mais en recul


Sur la période 2013-2018, indique le panorama, le livre se situe nettement sous la croissance moyenne, estimée à 6,7 % : en effet, avec 6,3 milliards € de chiffre d’affaires, le livre augmente de 3,6 % “seulement”. Les plus forts segments restent les arts visuels, à 23,4 milliards €, pour 9,4 % de croissance et la publicité avec 17 milliards €, mais 6,1 % de croissance. Le jeu vidéo, lui, enregistre la plus forte progression, avec 16,9 %. 



 
Ce qui est plus troublant, c’est que le livre avec 2,4 milliards € de valeur ajoutée, n’augmente pas sur les cinq années passées : le secteur ne représente d’ailleurs que 5,05 % des 47,5 milliards € de valeur ajoutée apportés par les industries culturelles au pays. 

Autre chute, celle du nombre de personnes percevant un revenu tiré du monde du Livre : si 1,287 million d’effectifs est recensé, celui du livre représente 81.719 personnes, en diminution de 2 %. « Le livre et la presse subissent en revanche des effets de contraction liés à la baisse de leurs chiffres d’affaires qui impacte principalement les réseaux de distribution et de diffusion de contenus (portage et routage de presse, libraires) », note le panorama.
 

Le livre français s'exporte moins bien


Notons que la tendance au recul est global, puisque le livre représente 35,6 milliards € pour l’ensemble de l’Union européenne, sur 2017, avec un recul de 2 %. En France, sur 2018, on estime que l’évolution est de 6 % favorable, à 4,696 milliards € entre 2013 et 2018 — mais avec un recul de 3 % des exportations, soit 667 millions €. Chiffre intéressant : malgré une augmentation globale du volume de ventes entre 2013 et 2018, les ventes de livres physiques diminuent, -1,4 % depuis 2016.

On trouve également 13 % d’effectifs en moins dans les maisons d’édition — 11.226 personnes — alors que les auteurs et traducteurs sont en hausse de 13 %, soit 34.798. Dans la diffusion et distribution, on perd de même 6 %, pour 27.913 personnes, et plus encore dans les bibliothèques qui reculent de 23 %, à 2555 personnes. 
 
Au terme de cette étude, le ministère des Finances, Bruno Le Maire, celui de la Culture, Franck Riester, et celui de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ont déclenché les États généraux des industries culturelles. Un moyen de tenter de mieux puiser dans les forces de ce secteur, afin de renforcer le rayonnement français. Une consultation est en effet menée jusqu’en mars 2020 pour apporter par la suite des solutions viables. Ou juste un document de travail…

L'analyse est à consulter ou télécharger ci-dessous.




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