99,9 % des auteurs parlant de piratage de livres ne l'ont jamais vécu

Nicolas Gary - 18.08.2014

Edition - International - Paulo Coelho - piratage livres - internet auteur


La dernière intervention de Paulo Coelho sur les réseaux ne laisse pas de marbre. L'homme a toujours encouragé les internautes à partager et mettre en partage ses oeuvres, sur la toile. Et cette fois, c'est contre les faux prophètes qu'il décide de porter le fer : ces écrivains qui parlent de ce qu'ils ne connaissent pas. 

 


 

 

Dans un entretien de mai 2014, Coelho avait précisé sa pensée, sur le piratage d'oeuvres : « Je suis absolument contre le piratage dans les pays qui peuvent se payer un livre. Cela n'affecte pas les ventes, mais cela peut tuer les librairies. En revanche, oui, j'encourage le piratage là où mes livres ne peuvent aller : Afrique, Iran, certaines anciennes républiques soviétiques, etc. »

 

Lui qui avait incité ouvertement tout un chacun à pirater ses romans, adressait d'ailleurs un message aux autorités : « Par ailleurs, il y a un vrai code de conduite sur Internet. Si les internautes estiment que votre démarche n'est pas mesquine, ils achèteront. La France a essayé de contourner cette réalité avec Hadopi, ça n'a pas marché. On ne peut pas forcer les gens, il faut croire en eux. Je suis le seul écrivain dont tous les livres sont dans les listes de best-sellers depuis vingt ans. »

 

Cette fois, c'est à ses confrères qu'il s'adresse, demandant implicitement un peu de retenue : 

 

 

 

Maxime Chattam, invité par Carefour à la présentation de son lecteur ebook en octobre 2013, le Nolim, n'avait pas vraiment dit autre chose : « Le piratage est quelque chose de dérisoire en France », assurait-il en octobre 2013.  Mon éditeur ne serait pas d'accord, mais je préfère que les gens partagent mes livres [...]Si je vends 130.000 exemplaires au lieu de 150.000, ça n'a pas d'importance : le plus important, c'est que mes livres soient lus. »

 

Quelques semaines auparavant, c'est un écrivain originaire de Belgique, Thomas Gunzig, qui faisait cette délicate expérience de voir son dernier roman, Manuel de survie à l'usage des incapables, sur le site Torrent 411. Dans un premier temps, l'émotion avait été palpable : 

Bon, je vais rester très zen et je vais me dire que si 198 personnes ont téléchargé la version pirate en torrent du "Manuel de survie", c'est finalement un bon signe... (D'un autre côté, maintenant j'ai aussi un peu envie de casser le tibia de quelqu'un, c'est malin...)

 

Puis, contacté par ActuaLitté, l'auteur revenait un peu de ses premières réactions : 

« Je n'ai pas non plus passé la nuit là-dessus. Quand j'ai découvert le lien torrent, j'ai immédiatement pensé "Voilà des ventes qui s'envolent." Mais il ne m'a pas fallu quatre minutes de réflexion pour envisager que neuf personnes sur dix ne l'auraient probablement jamais acheté - parce qu'elles ne me connaissent pas, parce qu'elles n'en ont pas entendu parler... Pour tout un tas de raisons. En revanche, il m'a fallu un thé vert sans sucre pour me calmer », plaisantait-il... à moitié. 

« Finalement, cette mésaventure est assez positive pour moi, parce que cela représente un peu de promotion auprès de lecteurs qui peuvent découvrir ce que je fais. Mais également parce que j'ai accès à un nombre de téléchargements en direct : je sais combien de personnes se sont procuré le livre, et c'est quelque chose d'extrêmement important. »

 

Comme quoi...