À Angoulême, comment Franck Riester pourrait oublier les auteurs ?

Nicolas Gary - 25.01.2019

Edition - Société - Franck Riester auteurs - mission prospective auteurs - Angoulême auteurs ministère


FIBD 2019 – Très attendu, ce 25 février, le déplacement du ministre de la Culture au Festival international de la BD ouvrira véritablement l’année pour l’industrie de l’édition. Les organisations d’auteurs espèrent avec impatience une position claire du ministre au sujet de leur situation sociale globale, et surtout, des dysfonctionnements des nombreuses réformes tombées au 1er janvier 2019.

Cité BD - FIBD 2018
ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 
Les promesses faites par le Ministère de la Culture (la reprise en main du régime, une vision prospective de l’auteur en France, la compensation de la CSG pour tous les auteurs de façon égale, ou encore une amélioration des services) ne sont en effet à ce jour pas tenues. La colère gronde autant du côté des artistes que des auteurs, qui subissent de plein fouet de nombreux manquements des administrations.
 

La réforme, une calamité


Dans les couloirs de Valois, on assure que la situation des auteurs « est au cœur des enjeux du ministre ». Et à plusieurs reprises déjà, au cours de réunions de concertation, les conseillers du cabinet ont réitéré ces propos. « C’est un véritable sujet pour le ministre, cette mission prospective », a-t-on appris.

Depuis sa création, La Ligue des auteurs professionnels a publié un premier constat transversal de la situation actuelle des auteurs. Depuis juillet, leur demande est claire : que les décisions qui concernent leur avenir ne soient pas prises sans eux. En décembre, La Ligue des auteurs professionnels était reçue par Franck Riester. Un rendez-vous où il était question des dysfonctionnements actuels des réformes et la nécessité d’un parti pris politique fort en direction des auteurs, qui avaient abouti sur un premier engagement d’un travail en profondeur et prospectif sur le statut de l’auteur.

Depuis, c’est l’attente... La SGDL, récemment, a indiqué que Stephan Kutniak, conseiller en charge de la création artistique et du soutien aux artistes auprès de Franck Riester, avait confirmé qu’une mission de réflexion portant sur le statut de l’auteur devrait être lancée prochainement. 

Or, tout réside dans ce « prochainement ». Car pendant ce temps, les problèmes s’accumulent. 

Angoulême offrirait la scène nécessaire au ministre de la Culture pour ne pas décevoir les organisations d’auteurs. « Il y a eu cette occasion ratée lors du salon du livre jeunesse de Montreuil, où son absence a été remarquée », glisse-t-on. « Mais probablement était-il encore trop récemment arrivé pour que ce déplacement puisse déboucher sur quelque chose. » 
 

Un projet pour les auteurs, enfin dévoilé ?


Aujourd'hui, les auteurs attendent une résolution technique rapide des problèmes qu'ils rencontrent, mais aussi, en parallèle, un véritable projet politique pour la sauvegarde de leur métier. La promesse d'une mission prospective date de juillet 2018, et depuis, alors que des arbitrages importants doivent avoir lieu pour les auteurs, le manque de préparation des réformes en cours est devenu visible. « Qu'enfin on se penche sur notre sort au plus haut niveau de l'Etat, c'est plus qu'une nécessité, au regard de la situation », affirme un scénariste.

Entre les courriers d'erreur de l'AGESSA avec les mauvais numéros de sécurité sociale, les auteurs se voyant annuler des intervention au prétexte que les établissements scolaires ne peuvent avoir affaire l'URSSAF, la confusion qui règne sur les appels de cotisations, les difficultés d'accès à la prime d'activité, la mise en place chaotique et hautement complexe de la compensation de la CSG, qui aujourd'hui exclut les auteurs les plus précaires qui demandent l'action sociale, la liste est longue.  
 

En effet, selon les enquêtes, on compte qu’entre 41 % et 53 % des auteurs professionnels disposent de moins que le SMIC pour vivre. La dégradation des revenus se constate de plus en plus et spécifiquement pour les jeunes et les femmes, les perspectives d’avenir s’assombrissent.

En outre, les modifications fiscales apportées, avec le prélèvement à la source de l’impôt plongent les créateurs dans des situations ubuesques. Les hausses de cotisation engendrent dans l’administration un marasme doublé d’une totale incompréhension du statut même des auteurs et de leurs revenus. Et cela concerne également les best-sellers, comme l'indiquait Maxime Chattam : 
 

Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition, l’avait par ailleurs souligné dans ses vœux. Il soulignait en effet que, pour tous les corps de métiers, la conjoncture était difficile. Et il avait commencé par les auteurs « qui expriment une profonde inquiétude quant à leur situation économique et sociale. Inquiétude liée notamment, mais pas uniquement, aux modifications du système social et fiscal mises en œuvre par le Gouvernement ».
 
 
Demain en début d’après-midi, le ministre doit se rendre à l’exposition de la photographe Lara-Scarlett Gervais, dans le cadre de la candidature de la ville d’Angoulême au réseau des Villes Créatives de l’UNESCO. Puis, au Vaisseau Moebius de la Cité internationale, ce sera la remise du rapport de Pierre Lungheretti « La bande dessinée, nouvelle frontière artistique et culturelle. 54 propositions pour une politique nationale renouvelée ».

Un discours du ministre doit par ailleurs suivre la présentation du rapport. Gageons que Franck Riester trouvera les mots pour parler aux auteurs... et se donner pour mission de devenir prospectif.


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