À Bordeaux, la librairie La Machine à Lire célèbre son 40e anniversaire

Antoine Oury - 26.04.2019

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Créée en 1979 par Henri Martin, reprise par Hélène des Ligneris en 2008, la librairie indépendante La Machine à Lire constitue un arrêt obligatoire, place du Parlement, à Bordeaux. L'institution fête cette année ses 40 années d'existence, avec un programme à la hauteur et des invités exceptionnels. Hélène des Ligneris revient avec nous sur l'événement.

La librairie La Machine à Lire, à l'occasion d'une rencontre avec Mona Chollet (via Facebook)


Pour Hélène des Ligneris, la librairie doit être un engagement, pas seulement une affaire qui marche : pourtant, l'un n'exclue pas l'autre, en témoigne un chiffre d'affaires doublé en l'espace des 8 années ayant suivi son rachat de l'enseigne. « Ce qui m'importe, c'est ce sentiment que la librairie fait sens, je pense à mon équipe, les uns sans les autres, nous ne sommes rien. Cette responsabilité, cet engagement, je veux les faire perdurer », évoque la libraire lorsqu'on l'interroge sur ce qu'elle garde de ses 11 années à la tête de La Machine à Lire.

Fidèle cliente de cette institution bordelaise avant d'en devenir la propriétaire, Hélène des Ligneris dirigeait auparavant une entreprise spécialisée dans l'insertion par l'économie et l'emploi, « pour tous les cassés de la vie ». Elle a gardé de cette autre vie professionnelle un goût pour l'accueil, le respect et l'insertion de tous qu'elle injecte dans La Machine à Lire.

À travers un partenariat avec les Bibliothèques de Bordeaux et l'administration pénitentiaire, La Machine à Lire met en lien une œuvre, son auteur et les détenus dans des cycles d'études et des rencontres, au sein de la prison. « Yves Ravey, Maylis de Kerangal ou Catherine Poulain ont notamment participé : je fais mes choix et Florence Dekindt, responsable à la direction des bibliothèques de Bordeaux, travaille avec les détenus sur l'œuvre, avant la rencontre avec l'auteur », nous détaille la libraire.

Ce combat pour l'insertion passe aussi par l'embauche d'une personne autiste au sein de la librairie, accompagnée par une structure et par l'équipe de la librairie elle-même : « Il s'agit aussi de dire aux entrepreneurs qu'ils peuvent embaucher des autistes », insiste Hélène des Ligneris.
 

Un anniversaire, des rencontres


Si le rythme des rencontres organisées par la librairie a été revu à la baisse (« pour ne pas épuiser tout le monde »), ce sont tout de même 2 événements par semaine, en moyenne, qui prennent place entre ses murs. Pour le 40e anniversaire de la librairie, 4 rencontres exceptionnelles sont prévues :
 
  • le mardi 18 juin : La Machine à Lire fête les 40 ans des Éditions Verdier
  • le mercredi 3 juillet : La Machine à Lire fête la littérature jeunesse
  • le jeudi 3 octobre : soirée d’anniversaire festive de La Machine à Lire
  • le jeudi 17 novembre : La Machine à Polar, spéciale 40 ans, en présence de James Ellroy (sous réserve)

Si la stabilité économique « est un peu plus difficile maintenant, avec un intérêt des lecteurs vers le poche », l'équipe de la librairie constate un goût de la lecture toujours vif chez les enfants et les jeunes. Les rencontres avec les auteurs sont par ailleurs toujours réjouissantes : « Nous avons eu certains moments d'exception, avec la librairie remplie par 230 ou 250 personnes, comme la rencontre avec Mona Chollet, où la moyenne d'âge était de 25 ans. »

Cependant, « la réussite économique et l’amélioration des conditions salariales demeurent un défi toujours difficile à relever », souligne Hélène des Ligneris. « Aujourd'hui, le plus difficile, même après 10 ans d'activités seulement, c'est de faire les bons choix avec une telle surproduction de livres. » À côté du géant bordelais Mollat, La Machine à Lire cherche désormais à « mettre en avant nos différences et nos engagements ».




La Machine à Lire n'est pas seule : ses « petites sœurs », La Petite Machine, une ancienne Maison de la Presse achetée il y a 6 ans, et La Machine à Musique, enseigne proposant CD et partitions, ouverte il y a 4 ans, restent à ses côtés. « Ce sont deux commerces très fragiles », analyse Hélène des Ligneris, « mais ils représentent des engagements personnels et sociétaux : il ne faut pas que les quartiers perdent ces lieux ». Aujourd'hui, une équipe d'une vingtaine de personnes fait fonctionner l'ensemble des « Machines ».
 
Au-delà de ce 40e anniversaire de La Machine à Lire, Hélène des Ligneris souhaite « maintenir, peut-être développer, et transmettre : j'ai encore énormément d'énergie et de temps à passer à la librairie, mais je sais désormais quel schéma se déroulera pour l'avenir de l'enseigne ». 


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