À cause de la popularité de Game of Thrones, George Martin est à la bourre

Nicolas Gary - 31.12.2015

Edition - Société - George Martin - Winds Winter - pression célébrité


L’actuel grand patron de la Fantasy, George RR Martin, joue au lapin blanc depuis maintenant très longtemps. Le prochain ouvrage de la série Game of Thrones est attendu, un peu, beaucoup, passionnément. Et entre deux interviews où Martin affirme qu’il faut cesser de lui mettre la pression, il trouve le temps de se défouler sur tout ce qui bouge. Dernière victime en date : l’adaptation par la chaîne HBO, qu’il met en cause. 

 

George R. R. Martin

Gage Skidmore, CC BY SA 2.0

 

 

Au cours du Festival du film indépendant de Santa Fe, Martin invité s’est lancé avec Indiewire dans un entretien-fleuve, découlant d’une table ronde. Pas question d’attendre le moindre élément sur le livre à venir, et surtout, pas question de se laisser démoraliser. Effectivement, voilà quelque mois, il avait brandi un joli majeur à un journaliste qui lui demandait si le livre sortirait bien un jour. « Je n’aime vraiment pas cette question. Mais honnêtement, je n’aurais pas répondu de la sorte si je n’avais pas été lassé de l’entendre au cours de sept interviews. »

 

Inspiré par la bande dessinée et les comics, cet ancien enseignant qui a renoncé aux cours pour se lancer dans l’écriture, Martin est également un féru de cinéma. Il a rouvert, à Santa Fe, justement, la salle de cinéma Jean Cocteau en 2006, redonnant un peu de place au cinéma indépendant. Et voici qu’un festival, dont la sixième édition se déroulait cette semaine, est ouvert. 

 

Alors voilà : comics, bande dessinée, cinéma et super héros, autant de source d’inspiration, de même que l’histoire. En somme, Martin est à placer quelque part entre Shakespeare, Thucydide et Stan Lee. Dans les années 60, c’est tout un bouleversement dans sa vie : « Je lisais les comics de DC, de Superman à Batman, en passant par Flash, mais quand Stan Lee est arrivé chez Marvel, il a cassé toutes les règles. Rien n’est jamais arrivé de tel dans les comics de DC. C’était circulaire. [...] Il y avait les bons et les méchants. » Une subtilité qui apparaîtra certainement dans ses premiers textes, et aujourd’hui dans GoT.

 

Je suis une super star, ça m'empêche d'écrire

 

Et passant en revue ce qui a nourri son imaginaire, difficile de ne pas faire un écart sur ce fameux livre que tout le monde attend. « Parce que les livres et la série sont tellement populaires, je dois faire constamment des entretiens. Je dois planifier des voyages en permanence. Tout à coup, je suis invité à me rendre en Afrique du Sud, ou à Dubai – et qui déclinerait un voyage gratuit à Dubaï ? »

 

Pourquoi attaquer de la sorte ? Pour justifier les retards pris dans la rédaction du prochain tome. Tout est affaire de concentration – et certainement pas de crise de la page vierge. « Au cours des dernières années, tout le travail que j’ai fait a généré des problèmes parce qu’il entraîne des distractions. » Et cette popularité, qui l’a placé, lui, au centre des attentions l’empêche donc d’être à sa table de travail. « Je n’écris pas quand je suis en voyage. Je n’écris pas non plus dans ma chambre d’hôtel. Pas plus que dans les avions. Je dois être vraiment dans ma propre maison pour écrire tranquillement », poursuit le maestro. 

 

Dérangé quotidiennement dans sa vie d’auteur, Martin doit recourir aux assistants pour arriver à faire avancer l’ensemble du nouveau livre. 

 

Alors, heureux ? Il faut cesser de s’intéresser au Trône de Fer, pour laisser le romancier travailler. Mais il ne quittera pas la scène sans prodiguer quelques conseils à l’attention des parents venus l’écouter, et de ses fans. « Ma mère me lisait des histoires, d’aussi loin que je peux m’en rappeler. Des choses comme Beatrix Potter et Peter Rabbit. Elle m’a même lu des livres d’horreur. [...] Comme l’apprentissage d’une langue étrangère, la lecture est quelque chose que vous devez absolument commencer à apprendre tôt dans la vie. Si vous avez un enfant, commencez à lui faire la lecture dès à présent, encouragez son imagination et sa créativité. »  

 

Pour The Winds of Winter, Martin avait déjà annoncé que la pression était lourde à supporter. « Je ressens certainement l’envie de finir les livres. Il faut dire que, bien que je reçoive un paquet d’emails et de courriers, il y a aussi beaucoup de soutiens qui me disent : “Prends ton temps. J’adore tes livres. Quand ils seront prêts, je serai là.“. »