À cheval entre aventure et littérature, la Guilde Européenne du Raid

Julien Helmlinger - 23.03.2015

Edition - International - Guilde européenne du Raid - Voyage - aventure - Prix Toison d'Or


De tout temps, la littérature a nourri certains de ses chefs d'œuvres du vécu de véritables aventuriers, partis à la découverte de la condition humaine par-delà les frontières. À l'occasion d'une conférence articulée autour de la Guilde européenne du Raid, Jean-Christophe Buisson, membre du jury de la Toison d'or 2014 du livre d'aventure, Bruno de Cessole président du jury, Louis Meunier, lauréat 2014 du prix, et le président de l'ONG Sylvain Tesson ont expliqué ce qui, à leurs yeux, faisait la valeur d'une bonne odyssée littéraire.

 

 

Louis Meunier, à l'aventure (crédits : Meunier)

 

 

Créée en 1967, la Guilde européenne du Raid est une ONG, reconnue d'utilité publique par décret depuis le 21 décembre 1981, qui s'implique avec les populations en difficulté de territoires plus ou moins lointains. C'est donc non seulement l'esprit d'aventure, mais aussi la solidarité et une certaine dynamique culturelle qui constituent les moteurs des divers programmes qu'elle regroupe.
.

Outre les donations solidaires, la Guilde envoie des bénévoles à travers le monde chaque année, pour des missions de services à caractères éducatif, social et culturel, à la demande des partenaires locaux. Ses manifestations comprennent notamment le Festival international du film d'aventures à Dijon ainsi que ses lauriers littéraires annuels, le Prix Toison d'or du livre d'aventure.

 

Le dernier lauréat en date, Louis Meunier, a été récompensé pour Les cavaliers afghans, une sorte d'hommage à Les cavaliers, de Joseph Kessel, mais pas seulement. L'auteur explique s'être focalisé sur le cheval, dans son livre, plutôt que sur les oeuvres de la Guilde, et malgré une somme d'éléments à évoquer sur l'Afghanistan. Et l'une des difficultés, c'était bien que le sujet avait déjà été traité.

 

Toutefois, passionné de livres d'aventure depuis tout petit, il a pris le contre-pied de Kessel et s'en est visiblement bien tiré. Pour Sylvain Tesson, il s'agit du livre qui « exprimait le mieux l'esprit de la Guilde », tout en réunissant « les qualités d'écriture sans lesquelles un livre ne peut exister ». Buisson salue quant à lui « la fraîcheur et l'humilité d'un ouvrage qui parle d'un pays sans nous faire une leçon d'Histoire ».

 

Les intervenants sont unanimes, un bon bouquin est censé nous raconter une histoire, et tout écrivain aurait tort de l'oublier. Outre le récit de voyage, Sylvain Tesson estime qu'une « dimension tragique, son romanesque et l'esthétique » du titre de Meunier l'ont persuadé qu'il s'agit d'une oeuvre littéraire. La mise en scène permanente de l'auteur n'est pas vraiment à son goût.

 

Les membres du panel semblent reconnaître aux Anglo-saxons une plus grande tradition du roman d'aventures. Ils ont été marqués par Robert-Louis Stevenson, Richard Burton, Michel Strogoff, ou encore Hergé, au rang de ceux qui ont su les inspirer. Le factuel c'est bien, mais risquerait d'être fade sans une dose d'imaginaire, car la fiction aurait parfois « le don de nous amener à l'essentiel ».

 

Dans le roman d'aventures, le premier élément essentiel serait le décor, le « génie du lieu ». Après viendraient les hommes et leurs expériences épicées de risque, de grands espaces et autres luttes pour échapper à d'éventuels étaux politiques, mais il ne faudrait pas que le détail des péripéties nuise à une certaine « légèreté », nécessaire, pour transporter le lecteur avec le voyage...

 

Il paraît que, depuis une dizaine d'années, la nouvelle génération française en prend de la graine.