À Guantanamo, Bush devient Voldemort et Obama est boudé

Clément Solym - 25.08.2010

Edition - Société - prisonniers - guantanamo - lecture


Même Barack Obama n'arrivera pas à la faire fermer cette fichue prison abritée dans l'enceinte de la base navale de la baie. Guantanamo, prison de luxe que les États-Unis bichonnent... heureusement que les détenus disposent d'une bibliothèque, qui fait de nouveau parler d'elle.

D'ailleurs, la liste des ouvrages les plus empruntés par les prisonniers reflète probablement le mal-être qui règne entre eux et le président des USA. S'il a vendu des livres par millions dans le monde, au point de dépasser ses appointements présidentiels avec ses droits d'auteur, Barack ne fait pas partie des best-sellers de Guantanamo.

Les 176 prisonniers qui ont accès à 18.000 livres, magazines et DVD, ainsi que des journaux, dans 18 langues ont pour favoris Harry Potter, John Grisham et Agatha Christie. Et les livres de voyages, tout particulièrement ceux qui leur parlent de l'océan, font également partie de leurs favoris.


Tout un tas de livres, mais pas encore tous en arabe pourtant - bien que la Croix Rouge fasse ce qu'elle peut pour aider à obtenir des traductions. Et les dirigeants de l'établissement ne restreignent pas - trop - l'arrivée de nouveaux ouvrages, plutôt positive pour la santé mentale des prisonniers.

Dernièrement, c'est la collection entière de Harry Potter en arabe qui est arrivée : un ressortissant libyen, Abdul al-Ghizzawi, s'est alors passionné pour la relation entre les prisonniers d'Azkaban et la sienne. Voire entre Bush et Voldemort.

Cependant, rien des livres présents ne contient quoi que ce soit qui serait trop violent ou avec des passages trop érotiques. Probablement la raison pour laquelle Twilight a eu droit de cité. Les oeuvres de Tolkien reçoivent également un bel accueil, mais définitivement, les détenus ne se battent pas pour celles d'Obama.


Dans tous les cas, l'environnement dans lequel vivent les prisonniers offre un tel contraste avec le plaisir de se retrouver entouré de livres. Et quand on parvient à y procurer le livre que l'un des prisonniers a demandé, alors on devient le héros de la journée, explique Robert Collett, lieutenant de la Navy, en poste sur place.

Chose compréhensible : quand je ne trouve pas un bouquin, je serai capable de tuer...

Des photos de la bibliothèque avaient été dernièrement dévoilées.