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À Hong Kong, le dernier bastion de la liberté d'expression ferme ses portes

Antoine Oury - 02.11.2018

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Dans l'ombre du géant chinois, Hong Kong, territoire indépendant longtemps établi comme une colonie britannique, cultivait une réputation de havre pour la liberté d'expression. Une tradition qui vient de prendre un sacré coup dans l'aile avec la fermeture de The People's Bookshop, la dernière librairie qui proposait à la vente des ouvrages censurés par le Parti communiste chinois.


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La « révolution des parapluies », à Causeway Bay, quartier de The People's Bookshop
(photo d'illustration, Studio Incendo, CC BY 2.0)

De l'avis des observateurs, la fermeture de The People's Bookshop marque la fin d'une époque, celle d'une certaine liberté d'expression et de publication encore en vigueur à Hong Kong, mais contestée par la Chine. C'est une minuscule enseigne, coincée dans le quartier de Causeway Bay, qui abritait une grande partie de la liberté d'expression encore permise en Chine.

 

Depuis la rétrocession du territoire de Hong Kong par le Royaume-Uni, en 1997, la Chine n'a jamais cessé de contester et restreindre, petit à petit, la liberté d'expression en vigueur. Selon les sources du Guardian, qui annonce la fermeture de la librairie, l'événement s'expliquerait par les pressions constantes de Pékin sur Hong Kong.

 

Selon un client, qui préfère bien entendu rester anonyme, la boutique de Paul Tang, le libraire, était devenue le seul lieu « où les lecteurs du reste du pays venaient pour connaitre la vérité. Mais aujourd'hui, on a peur de simplement mentionner ces sujets interdits ».

 

L'emprise grandissante de la Chine
 

« Hong Kong était autrefois une fenêtre sur la Chine, un sanctuaire pour les livres qui racontaient la vérité sur le pays. Mais la liberté d'expression et celle de la presse ont été considérablement réduites ces dernières années, et la fermeture des librairies qui vendent des livres censurés en est une nouvelle manifestation », s'inquiète Benedict Rogers, cofondateur de l'ONG Hong Kong Watch.

 

En 2014, des résidents de Hong Kong avaient manifesté leur inquiétude à travers une « révolution des parapluies », qui tirait son nom des petits parapluies accrochés un peu partout dans la ville pour marquer leur attachement à la liberté d'expression.

 

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On trouvait au sein de The People's Bookshop, des ouvrages sur la politique intérieure, mais aussi sur l'histoire de la Chine, permettant de découvrir certains épisodes sous un autre angle, comme les manifestations de Tian'anmen, ou encore la face cachée de dirigeants chinois, Mao en tête.

 

Parmi les autres manifestations de l'autorité grandissante de la Chine sur Hong Kong, rappelons l'enlèvement de 5 libraires en octobre 2015 : l'un d'entre eux, Gui Minhai, est toujours entre les mains des autorités chinoises. À Taiwan, que la Chine aime désigner comme une « province », Pékin aurait récemment empêché l'ouverture d'une librairie.




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