À l'hôpital ou en prison, Booktrust sur tous les fronts

Antoine Oury - 13.08.2014

Edition - Société - Booktrust organisme de charité - hôpitaux prisons - lien social livres


L'organisme caritatif Booktrust a été fondé en 1992, année où il lança son premier programme d'accès aux livres auprès de 300 enfants. Depuis, le programme s'est étendu, notamment grâce à une aide financière annuelle du gouvernement britannique, et a essaimé dans des dizaines d'autres pays. Les actions s'étendent de l'hôpital à la prison, partout où le livre est salutaire.

 


Education Minister John O'Dowd and Liz Canning, Booktrust NI, distribute Bookstart Treasure Packs to nursery school children and their parents at Monkstown Nursery School

L'ours de Booktrust distribue des livres dans une maternelle irlandaise

(Northern Ireland Executive, CC BY-ND 2.0)

 

 

En juin dernier, l'association a fait don de 1565 livres à 59 unités prénatales du Royaume-Uni : l'objectif est de permettre aux parents éloignés bien malgré eux de leurs enfants, pour des raisons médicales, de créer un lien avec les nouveaux nés, par la lecture. Super Duck, livre pour enfants écrit et illustré par Jez Alborough, publié par HarperCollins Children's, a ainsi été distribué à tour de bras.

 

« Nous sommes ravis que notre don puisse aider les parents à renforcer le lien avec leur bébé, dans un moment plutôt difficile et stressant », se réjouit Viv Bird, directrice exécutive de Booktrust. Les enfants prématurés, entourés de machines et d'assistants, ne sont pas en contact avec la mère et le père de la même manière que les autres enfants, et la lecture peut alors rassurer le nouveau-né avec une présence — au moins vocale et sonore.

 

Une autre opération, nommée The Booktrust Stories Tour, s'est déroulée un peu plus tôt cette année : elle consistait en une tournée dans 8 prisons britanniques, pour une série d'activités avec les détenus. Lors des visites de leurs familles, ces derniers se retrouvent parfois démunis devant leurs enfants, paralysés par le parloir, la culpabilité ou la peur de ne pas trouver les bons mots.

 

Selon un sondage mené en 2012 au sein des prisons britanniques, 82 % des détenus vivraient leur détention comme un abandon de leur part du rôle familial qu'ils devaient assumer. La lecture lors des visites, ainsi que des pièces de théâtre jouées par les détenus, permettraient de surmonter le malaise.

 

« En renouant avec leur famille et plus spécifiquement avec leurs enfants, la vie des détenus peut complètement changer, et, à long terme, les risques de récidive peuvent être réduits », explique Joanne Stewart-Nash, qui travaille au sein de l'organisme Pact. Les actions de Booktrust ont été unanimement saluées, notamment par Ofsted, l'organisme d'inspection des écoles, pour ses effets bénéfiques.

 

Les activistes de Booktrust ont eu affaire aux revirements du gouvernement britannique, qui a à plusieurs reprises réduit les montants des aides accordées. Le plus important coup dur fut toutefois l'interdiction des envois de livres aux détenus, décidé par le Secrétaire à la Justice, Chris Grayling. Mais cela a rendu leur combat un peu plus primordial.