À la bibliothèque, payer ses amendes en lisant des livres

Clément Solym - 21.10.2014

Edition - Bibliothèques - Montréal jeunesse lecture - livres bibliothèques emprunter - retard amende


Si elle est âgée de moins de 13 ans, et que vous êtes résident de Montréal, votre progéniture va profiter d'un sérieux avantage. Pour tous les livres que vous oublierez de ramener en temps et en heure les documents empruntés à la bibliothèque, finies les amendes. Les bambins seront en effet encouragés à lire des livres, pour s'acquitter de leur dette. 

 

 

Two young boys, seated with books, in the children's department of a Toronto public library, Toronto, Ontario / Deux jeunes garçons lisent dans la section pour les enfants d'une bibliothèque publique de Toronto (Ontario)

Bibliothèque et Archives Canada CC BY 2.0

 

 

L'initiative Lire, c'est payant a été lancée le 18 octobre et s'achèvera le 25. Originellement, ce sont les personnels des bibliothèques montréalaises qui ont proposé cette solution. Pour chaque minute de lecture, dix sous seront déduits de l'amende que l'enfant doit verser, pour avoir remis ses ouvrages en retard. « C'est divertissant, simple et… c'est payant », assurent les bib de Montréal. 

 

L'arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie qui a impulsé ce projet, a su convaincre l'ensemble des établissements du réseau, par une approche dite ludique et pédagogique. « Il s'agit en effet d'une façon amusante d'enseigner le sens des responsabilités aux jeunes et de les encourager à la lecture»

 

Dans le même temps, Ivan Fillion, chef de division à la direction associée des établissements de la ville insiste sur une autre approche. En mettant cette solution en pratique, il s'agit de ralentir la désertion des bibliothèques – quand on a trop de retard, on a tendance à ne pas vouloir revenir sur les lieux du crime.

 

Chaque année, les retards et les documents qui ne reviennent pas coûtent un million de dollars canadiens à la ville de Montréal, que ce soit pour les enfants, et les adultes. Avec en moyenne, 10 $ CA de dette. (via Radio Canada

 

L'activité se tiendra dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques qui se déroule du 18 au 25 octobre. 

 

Mais cette histoire, nous rapporte un lecteur, n'est pas sans rappeler celle de la remise de peine de prison, par la lecture. C'est au Brésil que ce projet vit le jour en premier lieu, en juillet 2011. Tous les prisonniers, quel que soit leur crime étaient concernés : il leur suffisait de pratiquer quotidiennement la lecture pour parvenir à déduire une journée de prison de l'ensemble de leur incarcération par livre achevé. 

 

Le projet avait ensuite migré en Italie, en mai 2014, exactement sur le même modèle. C'est dans la région de Calabre, où sévit la 'Ndrangheta, puissante mafia milanaise, que le projet fut initié. Et en France, c'est fin juin que le Sénat a adopté une remise de peine identique, après des discussions un peu complexes à comprendre. Les socialistes, dans un premier temps, semblaient opposés à l'amendement déposé par l'UMP, pour introduire cette solution.