À la BnF, les emplois, variable d'ajustement pour budgets incertains

Antoine Oury - 10.07.2018

Edition - Bibliothèques - BnF emplois - BnF budgets - bibliothèque nationale France


Les personnels de la Bibliothèque nationale de France ont un nouveau motif d'inquiétude : plusieurs comptes-rendus de réunion évoquent une baisse du plafond d'emploi de la direction des collections, qui gère l'ensemble des départements de l'établissement patrimonial. Cette réduction des postes préfigure des arbitrages budgétaires délicats pour la BnF.


BnF : Bibliothèque nationale de France
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 


Dès la fin du mois d'avril, le couperet tombait : la direction des collections de la Bibliothèque nationale de France se verrait amputée de 40 postes. Du droit à l'audiovisuel en passant par les estampes, c'est cette direction qui gère pourtant l'ensemble des départements de la BnF, dont les directeurs ont d'ores et déjà exprimé leur inquiétude vis-à-vis de cette décision. On y trouve essentiellement des magasiniers, des bibliothécaires, des conservateurs, « il s'agit du cœur de la bibliothèque en fait », résume-t-on dans l'établissement. Au dernier recensement de 2017, on y comptait près de 900 personnes.

 

Comme souvent dans la fonction publique, le gel des 40 postes sera dissimulé par le fait que ceux-ci sont actuellement vacants, suite à des départs en retraite par exemple. Ils ne seront pas pourvus avant un moment, semble-t-il. « C’est une très mauvaise nouvelle pour l’ensemble des personnels de la BnF, cela signifie moins d’agents et une répartition de la charge de travail sur ceux qui restent », indique la CGT BnF, qui a révélé ces gels de postes.

 

« À ce niveau-là, c'est du jamais vu », commente un proche du dossier, « d'autant que ces gels de postes ne concerneront pas que la direction des collections ».

 

Ces suppressions de postes interviennent suite à une évaluation du budget peu optimiste : le syndicat CGT assure que l'établissement s'est retrouvé contraint à une telle solution pour pouvoir couvrir tous les salaires des personnels avec son budget actuel. Contacté, l'établissement patrimonial n'apporte pas de commentaires, mais une source interne assure que les agents seront « bien sûr » payés jusqu'à la fin de l'année, évoquant un simple delta entre le nombre d'équivalents temps plein inscrit dans la loi de finances et la masse salariale de la BnF, d'où cet ajustement.

 

D'autres sources sont plus pessimistes : « Les ressources humaines sont en crise depuis des années à la BnF, ils ne savent pas combien de postes il est possible de pourvoir avec l'enveloppe budgétaire du ministère. » Chaque année, le ministère alloue ainsi une somme pour la rémunération des agents, qu'il est possible d'ajuster au cours de budgets modificatifs, deux fois par an.

 

L'enveloppe de 2018 a été actée en 2017, ce qui pourrait justifier cet ajustement en cours d'année. Mais, de l'avis de tous cette fois, c'est bien l'arbitrage pour 2019, attendu dans quelques semaines, qui va donner le ton. 

 

Devant le ministère de la Culture, le désarroi
des personnels de la BnF


En 2017 et 2018, les budgets n'avaient pas été entamés suite à de nombreuses manifestations et mobilisations des personnels, mais 2019 pourrait signer le retour des économies. Les personnels de l'établissement, qui dénoncent depuis des années la baisse de moyens et le manque d'effectifs, seront sans doute mobilisés après l'arbitrage à venir dans les prochaines semaines. Le syndicat SUD de la BnF, de son côté, mène depuis plusieurs semaines une action de grève, les samedis matins, pour dénoncer le plan Action Publique 2022 du gouvernement, une grande réforme de la fonction publique.

 

Une fois l'arbitrage du budget 2019 connu, il reste encore la possibilité, bien sûr, que le ministère intervienne à nouveau avec des budgets modificatifs. Toutefois, « vu l'ambiance actuelle », peu d'espoir persiste quant au poids du ministère de la Culture sur les questions financières...
 

 

Mise à jour 11/07 :


L'arrêté du 28 juin 2018 (NOR: MICB1817837A) publié le 11 juillet au Journal officiel, nous apprend que Marine Roy, administratrice civile hors classe, est nommée directrice déléguée chargée des ressources humaines de la Bibliothèque nationale de France pour une durée de trois ans à compter du 1er juillet 2018.

 




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