À la BnF, une grève du personnel dénonce les difficultés de l'accueil des publics

Antoine Oury - 31.10.2019

Edition - Bibliothèques - BnF accueil - BnF expo Tolkien - BnF frequentation


L'exposition consacrée à J.R.R. Tolkien et à la Terre du Milieu bat son plein à la Bibliothèque nationale de France, avec un public très nombreux. Mais le personnel de l'établissement chargé de l'accueil des publics dénonce des conditions de travail difficiles dans un contexte budgétaire contraint. Selon les syndicats, les effectifs limités s'accompagnent d'une volonté de la direction d'élargir encore l'ouverture.

L'affluence est au rendez-vous à l'entrée de la Bibliothèque nationale de France (via Twitter)


Les personnels de l'accueil et des vestiaires de la Bibliothèque nationale de France ont débrayé, ce jeudi 31 octobre, pour dénoncer « une charge de travail en très nette augmentation (+ 40 %) dans un hall Est particulièrement bruyant et mal aménagé », selon un communiqué de l'intersyndicale CGT-FSU-SUD. Selon les syndicats, l'accompagnement proposé aux lecteurs est aussi en nette dégradation, au détriment de la recherche.

Contactée, l'administration de la BnF évoque une expérimentation en cours, qui vise à rendre l'accès pour le public plus simple : « Nous considérons désormais que les lecteurs peuvent obtenir une carte de chercheur dès lors qu'ils peuvent justifier d'un statut de lecteurs de droit, c'est-à-dire lorsqu'ils sont inscrits dans un master. Bien sûr, il pourra toujours bénéficier d'un entretien avec un bibliothécaire pour sa recherche s'il le souhaite », nous explique-t-on.

En début d'année prochaine, cette expérimentation fera l'objet d'une évaluation, avec un examen des effectifs qui permettra de déterminer si un renforcement est nécessaire.

Le fameux Hall Est, qui accueille tant les visiteurs que les chercheurs pour les inscriptions, « est devenu un hall de gare extrêmement bruyant et mal agencé où les conditions de travail sont souvent difficiles », affirme l'intersyndicale dans son communiqué. La direction affirme qu'un projet de désengorgement du Hall Est est en préparation, lancé il y a plusieurs mois par Laurence Engel, présidente de la Bibliothèque nationale de France, et Sylviane Tarsot-Gillery, alors directrice générale de l'établissement.
 


L'avant-projet non définitif sera prochainement présenté au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et au comité technique (CT), pour aboutir sur un avant-projet définitif.

L'affluence de l'exposition Tolkien, ouverte depuis quelques jours à la Bibliothèque nationale de France, a exacerbé les problèmes dénoncés par l'intersyndicale. Les photographies de files d'attente s'étendant sur le parvis de l'établissement ne surprennent toutefois pas l'administration, en période de vacances, même si « la fréquentation dépasse nos espérances ».

L'ouverture de l'exposition jusqu'à 21 heures, le jeudi, représente pour l'intersyndicale une des « tentatives répétées de faire travailler toujours plus les agents [...] [a]lors que la BnF bénéficie d'une amplitude d'ouverture déjà très conséquente (9h-20h quasiment 6 jours sur 7 toute l'année) ». L'administration affirme qu'il s'agit d'une nocturne comme « toutes les expositions parisiennes en proposent ».
 
Une extension limitée à l'exposition Tolkien, pour laquelle des agents vacataires ont été recrutés — ce que l'intersyndicale dénonce par ailleurs — et qui s'effectue dans le cadre du règlement intérieur de la BnF, lequel « précise que, pour des opérations spécifiques, l'établissement peut aller au-delà du cadre des horaires de travail », nous explique-t-on, ce que l'intersyndicale dément. « Une extension permanente ferait l'objet d'une discussion avec les personnels, bien sûr », ajoute l'administration.
 


Commentaires
Selon la BNF, "Nous considérons désormais que les lecteurs peuvent obtenir une carte de chercheur dès lors qu'ils peuvent justifier d'un statut de lecteurs de droit, c'est-à-dire lorsqu'ils sont inscrits dans un master."



C'est faux : le décret 94-3 dit que la mission de la BNF est de donner accès "au plus grand nombre" aux collections. En pratique, il suffit d'être majeur, puisqu'on ne peut pas garantir la protection des mineurs en salle où la totalité du Dépôt légal est théoriquement accessible.



La BNF a par ailleurs le droit d'accréditer des chercheurs, notamment dans le cadre de la consultation des archives du Web, mais ça ne change rien au fait qu'elle doit accueillir "le plus grand nombre", qu'elle ne le fait pas, et exerce depuis plus de vingt ans une espèce de censure fastidieuse sur des critères qui se ramènent tous à des opinions.



Ca a été dit en interne plusieurs fois, mais il n'y a aucun changement de paradigme.



En attendant, les lecteurs refoulés retentent leur chance avec des bibliothécaires plus conciliants.



Le plus surprenant est la capacité de l'administration et de ses agents de soutenir des positions contradictoires et illégales. La fabrication des cartes peut être assurée par des machines et l'accueil se transformer en conseil bibliographique pur, et le personnel peut bien être réaffecté là où les horaires sont actuellement honteux, comme certains départements spécialisés.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.