À la BnF, une grève pour dénoncer les inégalités entre les femmes et les hommes

Antoine Oury - 08.03.2019

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Dans la lignée d'un mouvement national qui appelle à la grève à partir de 15h40, ce 8 mars – heure quotidienne symbolique à partir de laquelle les inégalités salariales font que les femmes ne sont plus payées – le syndicat SUD Culture Solidaires a déposé un préavis de grève couvrant l’ensemble du personnel de la Bibliothèque nationale de France, pour l'ensemble de la journée. Les syndicats dénoncent de nombreuses inégalités entre femmes et hommes, mais aussi l'absence de mesures pour prévenir les cas de harcèlements sexuels.

BnF : Bibliothèque nationale de France
(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Dans un courrier daté au 26 février 2019, le syndicat SUD Culture Solidaires s'adresse à Laurence Engel, présidente de la Bibliothèque nationale de France, pour attirer son attention sur les inégalités entre les femmes et les hommes qui persisteraient au sein de l'établissement public. Le courrier met notamment l'accent sur la prévention et la lutte contre les actes sexistes et le harcèlement sexuel.

Le syndicat demande ainsi « la mise en place dans de brefs délais d’un plan de prévention d’ampleur contre les violences sexistes et sexuelles à la Bibliothèque nationale de France, ce qui passe entre autres par des formations, la production et la diffusion de matériel d’information aux personnels ». Selon le syndicat, les signalements de tels actes ne sont pas suffisamment suivis d'effets.

Pour sensibiliser l'opinion publique et inciter la direction de l'établissement à réagir, le syndicat a lancé une campagne d'information sur le réseau Twitter, derrière le hashtag #FemmesBnF, également utilisé par l'établissement pour sa communication autour de la journée du 8, celle des droits des femmes.

Les témoignages se succèdent, évoquant des propos, des attitudes et des réactions sexistes observés ou vécus au sein de la Bibliothèque nationale de France.
 
 

Des inégalités de traitement qui perdurent


Dans le même temps, le syndicat CGT de la Bibliothèque nationale de France communique ses observations, tirées des données statistiques communiquées par l'établissement. « Les femmes représentent 56,8 % de l’effectif total contre 43,2 % pour les hommes », constate le syndicat, soit 894 femmes et 626 hommes. Les inégalités dans la répartition des postes sont toujours présentes, assure le syndicat.

« 10 % de femmes contre 5 % d’hommes exercent des fonctions administratives et 24 % de femmes contre 42 % d’hommes exercent des fonctions de magasinage. [...] La filière scientifique et bibliothéconomique reste féminisée, sur l’ensemble du personnel de la BnF on compte 48 % de femmes et 36 % d’hommes exerçant ces fonctions », indique le syndicat.

Seule la filière Métiers d'art présente une égalité « presque parfaite », indique le syndicat CGT. Ce dernier souligne toutefois une situation jugée moins encourageante pour le versement des primes : « À titre d’exemple, pour les adjoints administratifs, c’est une perte de 979 € par an en moyenne par rapport aux hommes et moins 680 €/an dans la filière métiers d’art pour les catégories C et moins 439 €/an pour les BIBAS. Concernant les rémunérations des non titulaires, pour les groupes 3, qui sont nombreux à la BnF, le personnel féminin touche en moyenne 700 €/an de moins que les hommes de la même catégorie. »

Les données ne sont pas disponibles pour les agents contractuels. Pour les titulaires et les niveaux des primes, « la mise en place du RIFSEEP (nouveau régime indemnitaire des titulaires) sera l’occasion de traiter des inégalités femmes/hommes du point de vue des primes », assure le syndicat.

La CGT BnF se réjouit cependant de la signature du « protocole du Ministère de la Culture relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes » et de la « répartition des promotions entre femmes et hommes est désormais de 50 %, soit une égalité parfaite ».
Le syndicat termine en précisant que 90 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes, et que la part des femmes aux postes d'encadrement supérieur atteint 40 % : les hommes sont « sont directeurs de directions, de délégations ou de départements à 60 %, alors que les femmes sont plus nombreuses dans l’encadrement intermédiaire (cheffes de services à 56 %) ».

Contactée, la Bibliothèque nationale de France n'était pas disponible pour apporter de précisions sur sa politique de lutte contre les inégalités et les comportements sexistes.


Commentaires
La BnF compte une majorité de femmes. Au quotidien nous voyons la différence dans les rapports entre individus, clairement les comportements sexistes sont moins importants dans notre bibliothèque que dans le reste de la société et c'est une bonne chose. Par contre ce qui est insupportable,c'est l'instrumentalisation de cette question de société effectuée par l'organisation syndicale SUD de la BnF.
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