À la fin du livre, veillez à n'oublier personne : des génériques comme au ciné ?

Clément Solym - 24.07.2019

Edition - Société - générique film fin - livre remerciements - crédits participation livre


Personne — à quelques exceptions confirmant la règle — ne s’inflige de lire l’ensemble du générique d’un film, pour en consulter l’ensemble des crédits. Si certaines productions ont pris l’habitude d’y adjoindre quelques brefs bonus vidéo, la salle se vide parfois avant même que les lumières ne se rallument. Mais qu’en est-il des livres ?

Borderline Biennale 2011 - Japan Apocalypse IMGP3381
Kurt Ehrmann, CC BY 2.0
 

C’est tout l’objet du questionnement de David Barnett, romancier, scénariste de comics et journaliste, dans le Guardian. Ce dernier évoque la limite de l’exercice des remerciements imprimés en fin d’ouvrages, mais également le principe d’un générique de fin, comme au cinéma.
 

Merci, merci, merci


Le cas s’est présenté justement pour son dernier livre, Things Can Only Get Better. Son éditeur, Trapeze Books, lui propose d’expérimenter quelque chose de similaire à ce qu’ils avaient pu faire dans Queenie, roman de Candice Carty-Williams. Deux pleines pages de noms, de petits mots, d’attention… qui connurent à elles seules un grand succès.

Parce que les premiers remerciements que l’on découvre en début de livre oublient souvent un paquet de personnes, David Barnett trouve cette idée plutôt bonne. Et lui-même confesse que dans son ouvrage, il aurait volontiers rajouté des personnes qui ont compté, importantes dans l’écriture du livre. 

Après tout, derrière un livre, il y a toute une équipe : depuis l’imprimeur en passant par le correcteur, sans oublier l’assistant d’édition, l’éditeur, le marketing, la communication, le représentant, etc. Notant d’ailleurs que tous ces métiers se déclinent également au féminin… 

Alors quid de deux pages de plus réunissant le détail de ces personnes à créditer, pour les remercier de leur implication ? C’est tout à la fois une manière de saluer celles et ceux qui ont pris part à la réalisation de l’ouvrage. Une implication supplémentaire — ce que, sur les réseaux sociaux, on appellerait de l’engagement. 

Chez Trapeze (filiale de Hachette Orion), une soixantaine de personnes est impliquée dans la production d’un roman classique. 
 

Un hommage, en deux pages : un pomage ?


L’idée vient de la directrice éditoriale de Trapeze, Katie Brown : Sharmaine Lovegrove, éditrice chez Dialogue, autre filiale de Hachette US, propose avant tout des ouvrages sur des minorités — BAME, LGBTQ+, personnes handicapées, et ainsi de suite. En avril 2017, elle publie The Leavers de Lisa Ko, premier ouvrage de la maison. Et avec, une foule de remerciements. 

 

Pour Brown, le principe est acté : c’est à la fois une manière de montrer qu’il existe une profusion de métiers que l’on peut exercer dans l’édition, et dans le même temps, un clin d’œil à tout le personnel sur le pont. Alors quid ? 

De même que personne ne prend le temps de consulter le générique d’un film, jusqu’à la fin, les lecteurs seront-ils désabusés devant ces pages supplémentaires ? Voilà quelques années, ActuaLitté avait mis en place avec Fnac une opération spécifique : 10 livres de la rentrée littéraire avaient été enrichis par leurs auteurs, avec des photos, un texte, des commentaires, des annotations...

Un principe de Bonus DVD pour livres qui ne se retrouvait que sur les versions numériques — et qui, de mémoire, n’a pas vraiment fonctionné. Mauvaise communication, bonne idée mais trop tôt, peu de suivi — jalousie de nos expérimentations ? À suivre donc, ces génériques, à suivre…


Commentaires
L'homme puissant aime être flatté. Vanité que tout cela. Vanité et connerie profonde dénotant un esprit réduit à ses fonctions organiques. Pitoyable.
Le générique de fin de "Papa va mal" (ne cherchez pas, aucun éditeur n'en a voulu... pour l'instant) :

Sylvie Le Bihan animait l’atelier d’écriture pendant lequel sont nés l’idée et les

premiers mots de Papa va mal : merci Sylvie.

Claude Ponti a imaginé et dessiné le Mange Poussin (L’École des Loisirs) que

je lisais à mes enfants : merci Claude.

Charles Perrault a collecté les contes du Petit Chaperon Rouge et de La Belle

au Bois Dormant : merci Charles.

Les Frères Grimm en ont donné leur version, mais ils ont aussi trouvé Hänsel

et Gretel : merci mes Frères.

Jacques et le haricot magique semble issu de l’imaginaire populaire anglais :

merci les Anglais.

Jean de Brunhoff a dessiné l’éléphant Babar, mais c’est son épouse Cécile qui

en a raconté la première histoire : merci à tous les deux.

Serguei Prokofiev a enchanté et éduqué l’oreille de mes enfants avec Pierre et

le Loup : merci Sergueï.

Michel Ocelot a donné vie à Kirikou et à sa sorcière, premier film que mes

enfants ont vu en salle : merci Michel.

Laurent Tardy a imaginé le pigeon amoureux d’une hirondelle dans son bel

album Lettre à ma douce : merci Laurent.

Michel Audiard m’a suggéré les Volfoni, et aussi bien fait rire : merci

Monsieur.

Mon épouse a comme toujours assuré les premières relectures ainsi que la

cohésion de l’univers sensible pendant mes absences au clavier : merci Toi.

J’ai imaginé et écrit cette histoire, mon nom est NohGoa (tout le monde

ne peut pas s’appeler Orson Wells)

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