A la Réunion, le voile fait à nouveau parler de lui

Clément Solym - 08.09.2008

Edition - Société - Réunion - voile - six


Alors qu’il n’était plus question dans les médias depuis des mois du port du voile à l’école, l’actualité nous ramène à ce sujet chaud lors des rentrées scolaires. C’est ainsi que six lycéennes ont été exclues de leur établissement situé à Saint-Denis sur l’île de la Réunion.

La loi appliquée à la lettre :

Du point de vue de l’administration, il n’y a pas de polémique sur le sujet. Le lycée s’est contenté d’appliquer la législation en vigueur. Il s’agit en l’occurrence de la loi du 15 mars 2004 interdisant les signes ostensibles d'appartenance religieuse. Ce texte avait fait grand bruit à l’époque mais il avait permis également de trancher nettement sur la question afin que les chefs d’établissement puissent agir dans un cadre législatif précis.

Même porté sous forme de bandana, le voile reste un signe d’appartenance religieuse. Les six jeunes filles n’ont donc pas pu être entendues dans leur volonté de se contenter de cette forme de port du voile.

Des élèves qui réclament l'indulgeance :

Depuis que la mesure a été prise, deux des six élèves ont réintégré l’établissement en se pliant à la règle tandis que les quatre autres restent fidèles à leur position. Certaines de ces jeunes filles protestent alléguant que les années précédentes, elles étaient autorisées à porter le voile sous forme de bandana.

Il est vrai que la législation n’est pas appliquée avec la même rigueur dans tous les établissements de l’île. Néanmoins, cet argument ne pourra en aucun cas être retenu pour contourner la loi. Sur les 700.000 habitants que compte l’île, 3 % sont musulmans. Les pratiques religieuses sont aussi diverses que variées au sein de la Réunion.