À Lille, la librairie internationale V.O. cherche un repreneur

Laure Besnier - 07.02.2018

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À Lille, Môn Jugie, propriétaire de la librairie internationale V.O., s'impatiente de partir à la retraite. Son départ est prévu pour mai et elle cherche un repreneur pour sa boutique, bien enracinée dans la ville, spécialisée dans la littérature étrangère en version originale ainsi que dans les rencontres culturelles avec des auteurs internationaux. 

 

Librairie internationale V.O.
 


« Je suis optimiste » nous lance Môn Jugie, au téléphone. Pour le moment, elle a reçu deux offres sérieuses pour la reprise de la librairie, qu'elle est en train d'étudier. L'une concerne la boutique tandis que la seconde est un pas-de-porte. « Je préférerais que l'on reprenne la librairie. Celle que j'ai reçue est correcte, même si un peu moins intéressante, mais je préfère perdre un peu d'argent pour favoriser un repreneur de librairie. »

 

Libraire depuis un peu plus de quinze ans 
 

Et c'est compréhensible : cela fait quinze ans que Môn Jugie s'est lancée dans le métier. Après avoir étudié la linguistique comparée des langues romanes, elle s'est lancé à son propre compte dans le secteur privé, dans le négoce et la fabrication de salons en cuir. Suite au décès de son associé, l'entreprise connaît un revers de situation. Elle cherche donc « une idée » pour la suite. 

 

Place Ronde, librairie Bed, Books & Breakfast :
l'art de vivre lillois

 

En 2002, elle la trouve, et décide de revenir à ses « anciens amours : la langue et la littérature. »  Elle créé la librairie V.O. Au départ, cette dernière est une « conséquence » donc, et non pas un rêve. Ce qui ne l'empêche pas de trouver très vite le métier gratifiant. 

 

La spécialisation dans la littérature internationale 
 

Et cette idée lui réussit bien : la librairie, indépendante et dynamique, s'est bien implantée dans la ville de Lille. Axée sur la littérature étrangère, elle contient environ 6000 ouvrages, en 7 langues (allemand, anglais, italien, russe, japonais, portugais et espagnol). La librairie est aussi composée d'un rayon bilingue, d'un rayon « régionalisme » ainsi que d'un rayon français, que la propriétaire aurait souhaité développer plus largement.

 

Elle reçoit aussi des ouvrages de prix littéraires étrangers, comme le prix Pulitzer. Elle a même créé son propre prix, avec l'association des amis de la librairie internationale V.O., autour de la littérature de l'exil, du questionnement identitaire et du déracinement. Cette année, elle a récompensé Maya Ombasic, publiée chez Flammarion. 

 

Enfin, ce sont surtout les rencontres culturelles qui ont fait connaître la librairie. Cette dernière « a reçu des auteurs avec une bonne reconnaissance » nous indique Môn Jugie. Elle accueille 90 auteurs par an, de tous les pays, à l'image de Kerry Hudson, prix Femina étranger en 2015

 

Reprendre un métier « formidable »

 

Après autant de travail, Môn Jugie ne peut que refuser les offres de reprises « saugrenues », qui estiment mal le prix de la reprise ou ceux qui n'ont pas forcément d'appétence pour les langues et la littérature étrangère. « Tout le monde rêve d'être librairie » déclare-t-elle, et il se « précipitent » sans savoir combien le métier est difficile. 

 

Môn Jugie a atteint l'âge légal de la retraite et souhaite partir officiellement en mai. Pour cela, elle a fait fonctionner le bouche-à-oreille, son réseau, mais n'a pas fait d'annonce sur des sites de cession de commerce.


 

Pour l'instant, rien n'est signé et elle est ouverte à toutes les offres. « Être librairie est un métier formidable, c'est une vraie profession. Celui qui souhaite ouvrir ses horizons est le bienvenu. »


La librairie prône « l'ouverture sur le monde. » Si la lecture est un acte solitaire en apparence, elle permet de s'ouvrir aux autres, notamment de par la nature de la librairie, internationale. Après avoir accueilli « le monde » chez elle, Môn Jugie ne souhaite qu'une chose : partir voyager à son tour dans le monde. Qu'elle ait ou non un repreneur, elle entend bien profiter de sa retraite.




Commentaires

oui, oui, une vraie librairie pour continuer!

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