À Liverpool, des cérémonies de mariage pour financer les bibliothèques

Antoine Oury - 04.10.2017

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Outre-Manche, la situation économique et politique des bibliothèques n'est pas des plus enviables. Depuis plusieurs années, le gouvernement serre en effet la vis des finances publiques, avec comme effet, notamment, la fermeture de dizaines d'établissements de lecture publique à travers le pays. À Liverpool, la Central Library pourrait accueillir des mariages ou encore des sociétés à travers la location d'espaces de travail, pour financer le service.


Liverpool Central Library Picton Reading Room
La Central Library de Liverpool (Michael D Beckwith, domaine public)
 

Se financer ou se fiancer, la Central Library de Liverpool pourrait ne plus choisir : un rapport publié par l'équipe chargée des bibliothèques au sein du conseil municipal de la ville du nord-ouest de l'Angleterre suggère plusieurs pistes pour financer l'établissement, dont l'accueil de cérémonies de mariages au sein du bâtiment. Le maire, Joe Anderson, s'est dit « déterminé » à conserver le réseau de bibliothèques de la ville dans le meilleur état possible.

 

Pour cela, les auteurs du rapport formulent des recommandations : la première d'entre elles fera bondir la plupart des bibliothécaires, puisqu'elle suggère rien de moins que « la mise en place d'une stratégie commerciale ». Cette dernière pourrait inclure plusieurs offres, comme l'ouverture d'une boutique au sein de la Central Library, la création d'une « visite payante », ou l'accueil de « cérémonies de mariage et d'autres activités rémunérées ».

 

En complément de cette stratégie commerciale, le rapport recommande une mise en avant des nouvelles activités sur les réseaux sociaux, ainsi qu'une recherche active de mécènes susceptibles d'apporter des financements. Bien entendu, pour encadrer le tout, un responsable commercial est attendu. Le rapport estime que quelque 200.000 £ pourraient être rassemblées en un ou deux ans avec cette stratégie.

 

“Traduire l'expérience d'un service commercial à la bibliothèque, pour plus de qualité”

 

La Central Library accueille près de 750.000 visiteurs par an, et le conseil municipal suggère qu'une telle circulation pourrait générer des revenus conséquents. D'autant plus que les demandes ne manquent pas, qu'il s'agisse de tournages ou d'événements privés divers.

 

Le rapport propose que la boutique de la Central Library vende des reproductions d'œuvres patrimoniales et autres objets dérivés créés à partir des collections : les autres bibliothèques du réseau pourraient elles aussi ouvrir des espaces de vente avec les produits les plus demandés. Cela vous rappelle quelque chose ? En France, c'est exactement le modèle qu'a mis en place la Bibliothèque nationale de France pour s'assurer des revenus supplémentaires face aux réductions du budget alloué par l'État.

 

Outre les habitants, la municipalité pense aux touristes : leur offrir des renseignements sur l'histoire de la ville pourrait agrémenter leur voyage. Et par « offrir », le rapport entend « faire payer », bien entendu. 

 

Enfin, l'établissement gagnerait à se doter d'une fondation, afin de pouvoir défiscaliser les sommes d'argent reçues des généreux donateurs et mécènes du réseau de bibliothèques.

 

Parmi les autres suggestions du rapport, on en trouve qui sont un peu plus engageantes vis-à-vis du service à la communauté, comme l'accueil d'autres services publics ou de services sociaux dans l'enceinte de l'établissement, à travers un community center. Le rapport avance aussi la possibilité de recourir aux volontaires, tout en soulignant que la qualité du service s'en ressentira forcément...


via BBC