À Londres, les premiers manuscrits en langue anglaise écrits par des femmes exposés

Joséphine Leroy - 20.04.2016

Edition - International - Julian of Norwich Margery Kempe - manuscrit exposition londres angleterre - british library bibliothèque musée


Les manuscrits de Margery Kempe et Julian of Norwich, les plus anciennes auteures écrivant en langue anglaise, seront exposés à la Wellcome Collection, à Londres. Ces documents précieux rappellent la place des femmes dans l’histoire de la littérature en langue anglaise. 

 

Mother Julian of Norwich

Julian of Norwich, par David Holgate, Norwich Cathedral (Leo Reynolds / CC BY-NC-SA 2.0)

 

 

Les spécialistes estiment que le manuscrit de Julian of Norwich date du XIVe siècle et que celui de Margery Kempe remonte au XVe siècle. À l’heure actuelle, Julian of Norwich est donc la première femme à avoir écrit en langue anglaise. Et le manuscrit de Margery Kempe atteste du fait qu’elle est la première femme à avoir écrit une biographie. 

 

Intitulé The Revelations of Divine Love, le texte de Julian of Norwich aurait plus précisément été écrit vers la fin du XIVe siècle. Il témoigne d’un rapport très fort à la religion et au mysticisme. Après être tombée malade, l’auteure retrouve la santé — physique — et dépeint les six visions qui lui sont apparues pendant sa maladie. Le manuscrit a été découvert dans les années 1930. Il a été restauré par la British Library et prêté à la Wellcome Collection. 

 

Rédigé entre 1436 et 1438, The Book of Margery Kempe a été dicté à un scribe. L’angle choisi est unique : c’est l’histoire d’une femme provenant de ce qu’on pourrait considérer comme la classe moyenne de l’époque médiévale. Dans l’ordre chronologique, Margery Kempe relate son expérience de la maternité : de la naissance de son premier enfant (elle en aura quatorze) en passant par un dialogue avec un pèlerin — juste après avoir eu des visions mystiques — elle se raconte longuement. 

 

L’expérience mystique relie donc les deux œuvres. Anthony Bale, un professeur d’études médiévales à l’Université de Londres qui a récemment publié et traduit une nouvelle édition de The Book of Margery Kemp pour Oxford University Press réagit à l’idée d’exposer les manuscrits : « C’est formidable que la British Library ait prêté l’unique manuscrit de The Book of Margery Kempe à l’exposition This is a Voice -  Kempe n’a pas seulement décrit avoir entendu des voix et des sons, mais elle-même s’est exprimée avec une voix singulière. C’est émouvant que les textes de Julian of Norwich et Margery Kempe cohabitent : elles peuvent toutes deux être considérées comme les premières femmes à avoir écrit en anglais. » 

 

Si Julian of Norwich a toujours eu la réputation d’avoir été une pieuse et une sainte, c’est l’occasion de se remémorer l’histoire de Margery Kempe. 

 

Pour les anglophones, un livre audio de The Revelations of Divine Love en intégralité sur YouTube : 

 

 

(via The Guardian