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À Marseille, les libraires font souffler un vent de revendications

Antoine Oury - 30.06.2019

Edition - Librairies - marseille librairie - RNL2019 - librairie distribution


RNL19 — Le coup d’envoi des Rencontres nationales de la librairie a été donné ce matin, dimanche 30 juin, à Marseille, par le président du Syndicat de la librairie française, Xavier Moni. Les professionnels de la France entière, libraires, mais aussi distributeurs, diffuseurs et quelques éditeurs, se sont retrouvés pour évoquer les sujets qui préoccupent la profession.

Tous dans le même bateau
Monument à Marseille (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Quelques jours après la publication de chiffres décevants pour la librairie en 2018, les Rencontres nationales de la librairie ont démarré sous des auspices plutôt revendicatifs. La profession entend en effet mettre en avant le prix unique du livre, qu'elle estime mis en danger par les vendeurs sur internet et les soldeurs, mais aussi la faible marge dégagée de la vente de livres, et réclamer une hausse de la remise minimum pratiquée par les éditeurs : « 36 % ou 36 chandelles » peut-on lire sur un badge distribué à l’entrée des Rencontres.

Dans son allocution d’ouverture, Éric Dumas, de la librairie Lettres vives à Tarascon et président des Libraires du Sud, association de libraires, a mis en avant le sens du débat qui doit sous-tendre ces deux prochains jours. Une référence à la polémique créée par une tribune cosignée par Xavier Moni, président du SLF, et Maya Flandin, vice-présidente du syndicat, et qui a conduit le groupe Hachette à annuler sa venue aux Rencontres nationales de la librairie.

« En ne consentant pas les remises commerciales nécessaires, le risque est grand de voir notre modèle davantage fragilisé », a précisé Xavier Moni lors de son discours d’allocution. « Cette tribune ne fait qu’un constat, et nous n’avons d’autres choix que de travailler ensemble, pour faire perdurer nos modèles. » Le PDG du groupe Hachette, cité dans la tribune, n’a pas apprécié et l’a fait savoir dans une réponse. Maya Flandin persiste et signe : « Après des années de discussions [avec Hachette], aucune mesure n’a été proposée pour améliorer la marge des petites librairies. »

Xavier Moni, président du SLF
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Ce qui ressemble à un bras de fer semble avoir commencé entre les libraires et les plus importants distributeurs-diffuseurs, Hachette, donc, mais aussi Interforum, du côté du groupe Editis. Si Amazon est toujours cité comme un prédateur et la principale menace pour les librairies, cette revendication d’un nouveau partage de la valeur du livre éclipserait presque le sujet.

Revoir le modèle de la vente du livre

« Nous sommes conscients que nous faisons partie de la même chaine, celle du livre, mais aussi que nous ne partageons pas les mêmes objectifs et les mêmes contraintes », souligne à son tour Éric Dumas, qui appelle également à réfléchir sur la numérisation, la transformation de l’économie de la chaine du livre et le respect de l’environnement.

Éric Dumas, président de l'Association des libraires du Sud
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

Le Syndicat de la Librairie française a exposé d'autres revendications : la généralisation des exonérations fiscales (CET), le partage des frais de port avec les distributeurs (« Nous sommes la seule profession à payer intégralement le transport et on peut légitimement se demander si cela est normal », souligne Maya Flandin), la baisse, voire la suppression des rabais sur les prix des livres, le maintien de l'allègement des charges sur les bas salaires (CICE) et enfin la mise en place d'un tarif postal pour l'envoi des livres.
 
Les demandes du SLF n’empêcheront pas le syndicat d’annoncer demain les grandes lignes d’une campagne nationale de valorisation de la lecture, en partenariat avec le Syndicat national de l’édition (SNE) et la Société des Gens de Lettres (SGDL).

Les Rencontres nationales de la librairie réunissent sur deux jours un millier de professionnels, et coïncident avec le 20e anniversaire du Syndicat de la librairie française, créé en juin 1999. Le Syndicat de la librairie française réunit plus de 600 librairies adhérentes, « de toutes tailles et typologies ».


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