Fleur Pellerin accuse Christian Jacob de mettre "une librairie en péril"

Nicolas Gary - 16.09.2015

Edition - Librairies - Provins Libraire - Fleur Pellerin - Christian Jacob


La librairie Delvaux, à Provins (Seine et Marne) est devenue ces derniers mois le lieu d’affrontements entre le maire, Christian Jacob, et le propriétaire. Ce dernier s’estimait victime de la politique municipale, après la perte d’un marché public, autour de la papeterie. La situation s’est envenimée avec le temps, quand le libraire a refusé de se laisser marcher sur les pieds.

 

 

 

Christian Jacob avait en effet monté le ton, reprochant à Jean-Philippe Delvaux de « faire de la politique politicienne sur les réseaux sociaux », et le renvoyait plutôt à la gestion de son entreprise. : « On s’est engagé à travailler avec quelqu’un de raisonnable. À partir du moment où il attaque la municipalité, on ne peut plus travailler avec lui. Alors pour faire cesser les polémiques, j’ai lancé un appel d’offres. »

 

Le maire en avait rajouté une couche sur les motivations qui ont guidé les choix de sa mairie, vis-à-vis de la librairie. « Puisqu’il est entré dans cette attitude politicienne, à être critique en permanence avec la municipalité, puisqu’il cherche la polémique, on a fait cet appel d’offres. On ne peut pas se laisser marcher dessus comme cela ! » 

 

Autrement dit, le maire avouait sans retenue que l’appel d’offres intervenait comme une punition, peu ou prou. C’est ainsi qu’un établissement de Meaux avait été préféré, dans le cadre de l’appel d’offres, à celui de Provins. « C’est un beau retournement de la part de celui qui présentait il y a deux ans la loi anti-Amazon et qui aujourd’hui fait tout pour faire fermer son libraire malgré les promesses de campagne », nous expliquait alors le libraire. 

 

Cet été, j'ai eu l'agréable surprise de recevoir un coup de fil de Madame la ministre de la Culture qui tenait à me...

Posted by Librairie Delvaux on mercredi 16 septembre 2015

 

Fleur Pellerin, sensible à la question, a adressé un courrier au libraire, qu’il vient de rendre public. La ministre y déplore le comportement de la municipalité, trouvant « particulièrement choquant et triste » que la politique de la ville mette « une librairie en péril en rompant brutalement et sans raison apparente toute relation avec elle ». 

 

Et d’ajouter : « Choquant, car comment ne pas y voir une manœuvre délibérée dont les victimes sont les Provinois qui risquent de perdre leur seule librairie ? Triste, parce qu’en tant que ministre, je me bas au contraire pour que la culture innerve tout le territoire au service des Français. »

 

Enfin, elle évoque également la précarité des librairies, dont la situation économique nécessite un engagement de sa part. « Je travaille actuellement sur plusieurs pistes afin de les faire bénéficier davantage des marchés publics des collectivités territoriales. » Ces dernières apporteraient en effet un souffle bienvenu, de par les marchés publics. Un rôle « déterminant à jouer pour soutenir [...] les librairies dans cette conjoncture difficile ».

 

Fleur Pellerin assure donc au libraire son « soutien dans votre combat pour faire vivre la librairie Delvaux ».