A quel prix vendre le livre numérique ?

Clément Solym - 07.10.2010

Edition - Economie - prix - livre - numérique


Les éditeurs, appuyés par les libraires luttent actuellement pour obtenir le prolongement au livre numérique de la loi Lang de 1981 qui astreint un prix unique de vente aux livres, avec la possibilité d’accorder une remise ne pouvant excéder 5 %. Les professionnels du secteur espèrent également obtenir la même ristourne sur la TVA, celle-ci tomberait donc à 5,5 % aussi sur les livres numériques.

Reste ensuite à définir la place exacte des libraires dans cette nouvelle filière mais aussi à fixer le prix juste de ces livres numériques. Et là, on est véritablement devant un double défi. En aidant les libraires à monter leur propre plateforme de vente de livres numériques, les éditeurs œuvrent aussi pour se protéger contre des géants tels que Google, Amazon ou les opérateurs de téléphonie qui voudraient vampiriser également ce secteur de la consommation, bouleversant par là même les rapports de force.

Quant au livre numérique proprement dit, une définition semble faire désormais loi devant le législateur. Sera concerné par le prix unique, le livre numérique qui sera la simple translation d’un livre imprimé, ou alors un texte qui pourrait être imprimé en l’état. Mais, sortent du jeu, tous les livres numériques qui jouent à la fois sur l’image, le son et le texte…


Pour les livres numériques bénéficiant du prix unique, il faudra ensuite trouver le juste prix par rapport à son équivalent imprimé. Un prix trop élevé tuera dans l’œuf ce nouveau marché quand un prix trop bas ne permettra pas de financer la numérisation de l’ensemble des catalogues des éditeurs.

Mais un prix bas semble aussi la seule façon de pouvoir lutter efficacement contre le piratage déjà à l’œuvre sur les best-sellers. Il faudra réfléchir aussi à l’évolution de ces prix. Ainsi, que faire quand un titre récent passe en format de poche ? Sera-t-il nécessaire de revoir le prix également de sa version numérique ?

Si le marché du livre numérique est encore balbutiant, maintenant qu’un cadre légal bien défini devrait permettre aux éditeurs de se sentir plus rassurés, il reste à opérer les bons choix stratégiques pour arriver à développer avec pertinence ce nouveau secteur éditorial qui permet, comme a pu le faire l’imprimé en son temps, de démocratiser encore davantage le livre. Souhaitons-le du moins…