À quoi ressemblerait une vie privée de musique, de livres, de cinéma ?

Clément Solym - 23.04.2019

Edition - International - auteurs créateurs Canada - vie sans art - révision droit auteur


À l’heure d’internet, tout commence souvent par une vidéo, dès lors que l’on a un message de protestation à faire passer, le plus efficacement possible. À l’occasion de la révision de la loi sur le droit d’auteur, menée par le gouvernement canadien, les organisations se mobilisent. Un appel à ce que la nouvelle législation garantisse aux créateurs une véritable protection.
 


Une vie sans art, vraiment ? La formulation est très américaine dans l’esprit — ce Really que l’on entend prononcé à tout bout de champ — mais en somme, efficace dans sa concision. Pourquoi l’art disparaîtrait de la vie ? 
 

“Une vie sans art, vraiment ?”


En ce 23 avril, qui célèbre la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, quelque 200.000 artistes et créateurs se retrouvent autour d’une problématique commune. Alors qu’Ottawa a décidé d’une révision de la loi sur le droit d’auteur, les organisations assez unanimes pointent les failles existantes. Et plus encore, les défaillances de la loi qui « agit plutôt comme une passoire en permettant à plusieurs d’éviter de payer des droits d’auteur », indique Laurent Dubois, directeur de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ).

« Sans une juste rémunération, il devient très difficile, voire impossible pour une grande majorité d’artistes de pouvoir continuer à créer », poursuit ce porte-parole de la mobilisation. 

Une pétition, assez logiquement est donc mise en ligne à travers le site Une vie sans art, à l’initiative d’un collectif surnommé DAMIC – pour Droit d’auteur/Multimédia-Internet/Copyright. On y retrouve des associations d’auteurs, d’artistes, autant que des sociétés de perception et autres organismes institutionnels.  

Et pour porter leur message, ce sont trois capsules vidéo qui ont été produites, illustrant ce que pourrait devenir une vie privée de musique, de cinéma, de livres… Une seule est pour l’instant en ligne.

No Substitute
Patrick Feller, CC BY 2.0

 
« Cette campagne est l’occasion de se poser une question en tant que société : sommes-nous vraiment prêts à vivre une vie sans art ? L’art est partout dans nos vies. Nous avons besoin de l’art chaque jour pour nous aider à mieux comprendre le monde et embellir notre quotidien, nous aider à évoluer, à vivre ensemble ou simplement nous divertir. Mais aujourd’hui, c’est l’art qui a besoin de nous », indique Mani Soleymanlou, acteur, auteur et metteur en scène.
 

Six axes impératifs de respect des artistes auteurs


Plus techniquement, il importe de comprendre que la révision de la loi telle que survenue en 2012 a apporté une masse d’exception au droit d’auteur. Là où l’on en comptait une dizaine en 1988, elles sont désormais 85 — soit 40 % du texte de loi. Bien entendu, les usages évoluent et la législation se doit de les refléter. Mais pour les créateurs, les modifications apportées ont des conséquences néfastes, sans qu’aucune contrepartie ne leur soit apportée. 
 
DAMIC apporte également une série de revendications, pour appuyer sa pétition : 
 
d’obliger les fournisseurs d’accès Internet à contribuer davantage à la rémunération des créateurs ;
de prévoir des sanctions dissuasives en cas d’utilisations abusives ;
de réduire le nombre d’exceptions prévues par la Loi et de mieux les définir ;
de mieux définir les notions d’éducation et d’utilisation équitable dans la Loi ;
d’adapter les dispositions législatives aux réalités technologiques du marché en incluant, notamment, les enregistreurs audionumériques, les tablettes électroniques et les téléphones intelligents dans le régime de copie privée ; 
d’appliquer les mêmes réglementations pour les services en ligne étrangers que pour les services canadiens, notamment en termes de fiscalité et de contribution au financement du milieu culturel.  


« Valoriser l’art est ainsi un choix de société et il appartient à la population de décider si elle souhaite avoir une culture et une économie riche et florissante », souligne Geneviève Côté, chef des affaires du Québec et des arts visuels à la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN). 

 


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