À quoi sert donc le Centre national du livre ?

Cécile Mazin - 12.11.2015

Edition - Société - CNL romans - financement création - Centre national du livre


Le Centre national du livre a ouvert ses livres de comptes, et s’est plongé dans les récompenses décernées ces dernières semaines. La rentrée littéraire est traditionnellement riche en prix, mais cette année, le Centre s’enorgueillit de quelques points. 

 

Le livre n'a pas dit son dernier mot (Wolinski) - Salon du Livre de Paris 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

C’est un inventaire à la Prévert que présente le CNL, qui se positionne comme « une aide essentielle pour les auteurs ». Si les noms de Goncourt, Renaudot, Femina, Medicis, Décembre, Wepler et Interallié ne sont pas inconnus, c’est que ces récompenses focalisent l’attention des maisons. Garantes de ventes supplémentaires, elles permettent également de meilleures rémunérations aux auteurs. 

 

Or, note le CNL, cette année est plutôt vernis : 

 

Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature

En 2013, le CNL a soutenu la traduction, par Sophie Benech, de son ouvrage La fin de l’homme rouge ou le Temps du désenchantement (Actes Sud). La traduction de La guerre n’a pas un visage de femme (Presses de la Renaissance, 2004), par Galia Ackerman et Paul Lequesne, avait aussi bénéficié du soutien du CNL.

En 1998, le CNL avait aidé la traduction de La Supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse (éditions Lattès, traduit par Galia Ackerman et Pierre Lorrain).

 

Mathias Énard, prix Goncourt

Une bourse d’écriture lui a été attribuée en 2003, et un crédit de résidence (La pensée sauvage à Bouxurulles en Lorraine) en 2009. Le CNL a soutenu la traduction de ses précédents romans, Zone (Actes Sud) en hébreu, en allemand, en arabe (Liban), en italien et en portugais, et Rue des voleurs (Actes Sud) en danois et en anglais (Etats-Unis).

 

Delphine de Vigan, prix Renaudot

Le CNL a aidé la traduction de ses précédents romans publiés aux éditions Jean-Claude Lattès, Heures souterraines en norvégien, No et moi en vietnamien, en suédois, en anglais (UK) et en hébreu, et Rien ne s’oppose à la nuit en norvégien, en arabe (Liban), en suédois et en danois.

 

Emmanuelle Loyer, prix Femina du meilleur essai

Le CNL a soutenu l’édition de son livre primé, Claude Levi-Strauss (Flammarion).

 

Hakan Günday, prix Médicis étranger

Le CNL a soutenu la traduction de son livre primé Encore (Galaade) par Jean Descat. Ses précédents livres parus en France chez Galaade ont aussi été aidés à la traduction par le CNL : en 2013 D’un extrême l’autre traduit par Jean Descat et, en 2014 Ziyan, traduit par Pierre Bastin.

 

Christine Angot, prix Décembre

Une bourse de création lui a été attribuée en 2002.

 

Pierre Senges, prix Wepler – Fondation La Poste

Une bourse de création lui a été attribuée en 2013 pour le livre primé, Achab (séquelles) (Verticales).

 

Laurent Binet, prix Interallié et prix du roman Fnac

Une bourse découverte lui a été attribuée en 2010 pour le livre primé, La septième fonction du langage (Grasset),

 

 

Avec un tel foisonnement, et alors que l’établissement voit son budget raboté, avec l’exigence de se concentrer sur ses « missions statutaires », a rappelé la ministre de la Culture, se demande-t-on encore à quoi sert le CNL ?