À Toulouse, la librairie Privat reprend la vente à distance : “C'est la vie qui triomphe”

Nicolas Gary - 13.04.2020

Edition - Librairies - librairie Privat Toulouse - vente internet livres - confinement Toulouse libraire


Après plusieurs semaines d’inactivité, la librairie Privat de Toulouse décide de reprendre la vente de livres. Frappée de fermeture comme presque tous les autres commerces du livre, ce retour se déroulera strictement sur internet. « Et dans le strict respect des consignes sanitaires », insiste la librairie. 


© librairie Privat


La gérante de Privat, Anne Bougerol, à force de répondre aux clients qu’elle ne faisait plus d’expédition, a fini par en réaliser quelques-unes. Au départ, pour dépanner simplement. Car ce qui est en jeu, c’est le maintien du lien avec les lecteurs, les habitués.

« Je viens de faire ce choix après avoir traité cette semaine les commandes que nous avions reçues depuis le lundi 16 mars. Je dois en fait aller chercher le courrier de la librairie à la Poste puisque nous n’avons pas de boîte aux lettres et j’en ai donc profité pour déposer des colis », nous explique Anne Bougerol. 
 
Alors, dans une lettre d’information spécifique, elle a choisi d’officialiser ce retour minimal d’activité, depuis la vente en ligne. Avec quelques contraintes évidentes : seuls les articles indiqués en stock sur LibrairiePrivat.com sont disponibles. 

Et puis, il faut composer avec La Poste qui ne fonctionne que les mercredis, jeudis et vendredis — de quoi rallonger les délais de livraison. « J’ai reçu depuis hier un nombre important de commandes, je ne m’y attendais pas à vrai dire, et étant seule à travailler, j’attends de voir comment ça va se passer la semaine prochaine. Si je suis débordée, il faudra revoir notre communication. »
 

Quelques conseils, pour préserver le métier


Alors, évidemment, à préparer seule les colis — « les salariés restent, et resterons, confinés chez eux tant que la librairie est fermée », insiste-t-elle — les capacités de traitement des commandes sont réduites. « Nous traiterons le plus grand nombre possible de commandes chaque jour, et tiendrons informés [les clients] dès que leur commande sera déposée au bureau de poste. »

La newsletter s’accompagne également de quelques conseils de lecture, comme Le nouveau, de Tracy Chevalier (Phébus, trad. David Fauquemberg), ou encore Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie (Folio, trad. Anne Damour). On y retrouve aussi J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, d’Alexis Jenni (Paulsen) et No Access, chroniques de Los Angeles, de Cécile Delarue (Plein jour). 

Depuis le 16 mars, une soixantaine d'ouvrages avait été expédiée. Et Privat de rappeler : « Acheter local, c'est faire vivre votre territoire. » Un message que l'on entendra mieux encore quand la période de confinement sera achevée.

« On peut être totalement fermé et décider ponctuellement de poser 4 ou 5 enveloppes de livre à la poste en même temps que quelques chèques (payer les petits éditeurs de février et mars, payer les loyers, envoyer les bulletins de paie, etc.) », ajoute Benoît Bougerol, propriétaire de La maison du livre, à Rodez.

À travers le logiciel Datalib, qui fournit des informations sur les flux d’ouvrages en librairie, on constate que la moitié des abonnés exerce une micro-activité — entre 30 et 200 €, la semaine passée, suivant les libraires. 

« La Maison du livre ne fait, elle, que du dépannage. Avec Privat, on ne sauve pas le chiffre, on maintient des liens amicaux de service. C'est la vie qui triomphe », conclut-il, en pleine période de Pâques.


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.