Abandon de la cagnotte et suppression des allocs, les réactions

Clément Solym - 01.07.2010

Edition - Société - lutte - absentéisme - cagnotte


Les projets du gouvernement pour lutter contre l'absentéisme s'ils sont mis en application sont vivement critiqués. C'est notamment le cas pour la cagnotte dans les lycées professionnels et la suppression des allocations familiales.

L'expérimentation de la cagnotte scolaire ne sera d'ailleurs pas renouvelée. Elle était testée dans trois lycées professionnels de l'académie de Créteil depuis octobre dernier rappelle l'AFP. Selon le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives Marc Philippe Daubresse, elle « n'a pas eu d'effet significatif sur l'absentéisme ». Ce qui explique son non-renouvellement.


Le ministre a affirmé : « Les élèves n'ont pas joué le jeu. Il y a même eu une sur­en­chère de la part de certains d'entre eux à ne pas venir en cours ». De son côté, Luc Chatel, ministre de l'Education nationale a déclaré : « Les enseignants des classes concernées étaient réservés. Ils ne se sont pas appro­prié ce dis­po­si­tif et donc […] ne sou­hai­taient pas la pro­lon­ga­tion de cette expé­ri­men­ta­tion ».

L'ancien Haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté et à la jeunesse, Martin Hirsch, qui avait lancé cette expérimentation pense pour sa part qu'il est « dom­mage qu'on ait sacri­fié un pro­gramme, sans lui don­ner sa chance ». Et de préciser que l'un des trois proviseurs concernés par cette expérimentation lui aurait dit que ce projet « a trans­formé notre vie ! ».

Les réactions approuvant cette non-reconduction ne se sont pas faites attendre. La CGT Educ'action a approuvé cet abandon mais a déploré dans un communiqué que le gouvernement ne fasse fonctionner que le « levier financier » dans la lutte contre l'absentéisme « que ce soit en positif avec la cagnotte ou en négatif avec la suppression des allocations familiales ».

Le projet de loi pour la suppression des allocations familiales en cas d'absences fréquentes a été adopté par l'Assemblée nationale mardi dernier. Nicolas Sarkozy, souhaite que la loi soit appliquée dès la rentrée scolaire.

Là encore, les réactions n'ont pas tardé à fuser. Dans un communiqué le PS a affirmé : « En matière d'absentéisme scolaire, le gouvernement empile les dispositifs absurdes, injustes et démagogiques ». Ajoutant que cette « mesure stigmatisante » ne fonctionnera pas.

Des représentants d'Europe Écologie ont déclaré qu'il s'agissait d'une « mesure scandaleuse, démagogique et révélatrice d'une poli­tique qui préfère la sanction à la prévention. Au lieu de lut­ter contre les fléaux sociaux engendrés par les graves crises que nous traversons, le gouvernement choisit systématiquement la répression ».